‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 216 sur 509 · V. ci-dessus, pp. 232, note 4, et · texte numérisé non relu

V. ci-dessus, pp. 232, note 4, et

DE l'ŒUVHE LYRIOfE DE HONSARD !2So

des Amours, quilui était consacrée, y compris celui où il la dépeignait « morne et blémie », avec une fièvre tenace et de « pâles couleurs » i. Comme d'autre part il a parlé de la mort de Marie dans un sonnet qui date des premiers mois de 1374 "-, tout nous porte à croire qu'elle mourut dans le courant de 1573. On objectera que, d'après Ronsard lui-même, elle quitte ce monde « en son âge le plus gaillard, en son printemps, en sa première fleur» :

La Mort a moissonné mon bien en sa verdeur ^.

Mais Pétrarque l'avait dit avant lui, et sa Laure pourtant n'était plus tout à fait jeune. Ces vers enfin, réminiscence littéraire mise à part, ne peuvent-ils convenir encore à une jolie femme qui meurt à trentetrois ans ?

Les numéros 3, 4 et 3 font partie des Amours d'Eunjmedon et de Callirée, autrement dit de Charles IX et de M"= d'Alri d'Aquaviva. D'après un vers de la première de ces pièces qui donne vingt ans à Charles IX, leur composition remonterait à 1570 et par conséquent serait antérieure à son mariage. Mais cela ne suffit pas à la dater, car les besoins du vers font commettre aux poètes des erreurs historiques. Il se peut que cet épisode ait trouvé place enl572 ou 1573, ou que, selon Brantôme, l'intrigue ait commencé avant le mariage de Charles IX et ait continué après. En tout cas, Ronsard n'a publié les Amours d'Eurymedon qu'en 1378, par . déférence pour la reine Elisabeth d'Autriche, qui, mariée le 27 novembre 1570 avec Charles IX, ne quitta Paris que le 5 décembre 1373 pour se retirer en Autriche. — Dans la seconde de ces pièces, Ronsard s'est rappelé (ovt k propos les Slanzc per la Giostra, qu'Ange Politien avait écrites pour Julien de Médicis *. On doit les ranger parmi les œuvres qu'il a « forgées sur le commandement des Grans ». Mais il ne paraît pas y avoir « forcé sa Minerve », comme cela lui arriva pour certaines de ses Mascarades *. 11 y a montré au contraire beaucoup de naturel et de

1. BI., I, 442. C'est ce passage qui a pu faire croire qu'elle devint phtisique ; ce sont aussi les vers où il raconte qu'à leur dernière entrevue elle avait une haleine de feu et un regard qui « reluisoil outre mesure ». Mais Pétrarque en avait dit autant de Laure (sonnets L\'I-LVUI).

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