‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 223 sur 509 · V. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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264 GENKSE ET ÉVOLUTION

Dix lustres veulent que j'essaye Le remède de me guarir.

DoDC, à moins de ne voir là qu'une réminiscence d'Horace (Cann., IV, I, vers 6), on doit penser que cette pièce remonte à loTi ou 7o, comme l'ode signalée plus haut, iVi/ /V/çe nij .sang ne sont plus en vigueur, où Ronsard disait également adieu aux passions et aux vers d'amour et déclarait, à l'exemple d'Horace, vouloir s'en tenir désormais aux spéculations de la philosophie '. Il est vrai que deux élégies, publiées pour la première fois en 1384, tendraient à faire croire que la nature et l'habitude l'emportèrent encore parfois sur la raison, car elles paraphrasent les Baisers VI et XIII de Jean Second, et ne sont pas précisément d'un homme délivré des aiguillons de la chair '-. Mais tout porte à croire qu'elles furent écrites, elles aussi, dix ans plus tôt et adressées à Hélène, comme la chanson Plus estroit que la Vigne, et le sonnet Maistresse, embrasse moi/, également paraphrasés des Baisers de Second. Hélène, qui, suivant uneremarque très juste de Marty-Laveaux, semble avoir eu la conscience inquiète ■'', aura demandé au poète d'ajourner la publication de ces pièces très lascives et de les ranger sans dédicace parmi celles qui ne la concernaient pas ; ce qui fut fait*.

C'est encore d'incantations qu'il s'agit dans les numéros 2 et 3. Mais l'inspiration et le ton en sont tout difl'érents. Après avoir maudit le mariage de sa maîtresse et souhaité les pires malheurs au rival qui la lui enlève, Ronsard met en scène deux sorcières et leur fait dérouler leurs mauvais sorts en strophes amébéennes autour du lit nuptial. Puis l'une d'elles enseigne au poète les meilleurs moyens d'oublier son amour. Cette pièce curieuse, toute en alexandrins, ne peut remonter à 1546, année du mariage Je Cassandre Salviati, et, si elle avait été inspire'e par le mariage d'isabeau de Limeuil en lo6o, on ne voit pas pourquoi Ronsard aurait attendu près de vingt ans pour la publier. On sait d'autre part, de façon certaine, qu'Hélène de Surgères ne s'est jamais mariée ^. Nous avons donc là, très probablement, une pure fantaisie des dernières années, témoignant du souci que le poète avait alors de se renouveler, fantaisie d'ailleurs brillante, qui donne tout d'abord l'illusion d'une aventure personnelle et d'un désespoir vécu. La première

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