Lui-même l'avoue (A'o(e du tome I, p
5. Nous avons publié une partie des documents qui permettent de résoudre le problème des variantes et suppressions, dans la Revue d'fiisl. litt. de la France, années 1902. 1903, 1904, 1905, et dans la Revue de la Renaissance, n" de juin-septembre 1903. Nous nous pei-njetlons d'y renvoyer le lecteur, en attendant l'édition critique dont nous a chargé la Société des te.vtes français modernes
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point l'assertion de Pasquier est exacte, et si vraiment la censure à laquelle Ronsard soumit ses poésies mérite d'être censurée à son tour. Or voici nos conclusions :
1° Ronsard a toujours considéré, aussi bien dans sa jeunesse et dans son âge mùr que dans ses dernières années, une première publication comme un moyen de consulter le public lettré sur ses productions avant d'y mettre la dernière main. « Ce livre ne t'est lâché, disail-il à son lecteur dans la préface des Odes en 1350, que pour aller découvrir ton jugement, afTin de t'envoier après un meilleur combatant *. » « 11 ne se trouve point de livre parfait, écrivait-il en tête de la Frnnciade en 1372, et moins le mien, auquel je pourray selon la longueur de ma vie, le jugement, et la syncere opinion de mes amis, adjouter ou diminuer, comme celuy qui ne jure en l'amour de soymesmes, ny en l'opiniaslreté de ses inventions-. » « J'ay, Lecteur, à la façon d'Apelle, répétait-il l'année suivante, exposé mon ouvrage au public, afin d'entendre le jugement et l'arrest d'un chacun, qu'aussi volontairement je reçoy, que je le pense estre candidement prononcé. Et ne suis point si opiniastre, que je ne vueille au premier admonnestement d'un homme docte, non passionné, et bien versé en la poésie, recevoir toute amiable correction : car ce n'est pas vice de s'amender, mais c'est extrême malice de persister en son péché 3. «Aussi Gandar a-t-il pu dire sans exagérer que dans une édition critique de Ronsard les variantes tiendraient autant de place que le texte même {op. cit. p. 194).
2° Ces changements successifs n'ont rien qui doive nous surprendre de la part du chef de la Pléiade, à une époque où la langue, le vocabulaire et la versifijalioa firent de si rapides progrès. Jamais peut-être, au cours de notre, Histoire littéraire, l'expression des idées, syntaxique, verbale et poé^tique, ne fut plus mobile que dans cette période de rénovation et- jl'efïûcts artistiques. EL jien ne montre mieux le soin qu'ij atjajiliait aux mérites de Ja forme et du style, et son réel souci de la perfection, que ces corrections ince.ssanles faites de sa propre main. Les Odes notamment, telles qu'elles parurent en 1530, étaient loin d'être parfaites, malgré le retard apporté à leur publication par un scrupuleux débutant. Aussi les présenta-t-il dans les éditions suivantes avec de nombreuses, profondes et heureuses modifications. A vrai dire, il les retoucha, comme le reste de son œuvre, jusqu'à la fin de sa