‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 288 sur 509 · IHl , II, 116 et · texte numérisé non relu

IHl , II, 116 et

DE RONSARD POÈTE LYRioi'E (Ode grave) 377

dans le domaine de la poésie grave, qui fût à notre mesure, qui satisfît pleinement notre raison et notre goût. /

Ronsard a écrit dans son Abbregé de l'Art poétique: «Les Poètes Romains ont foisonné en l'abondance de tant de livres empoulez et fardez, qu'ils ont apporté aux librairies plus de charge que d'honneur, excepié cinq ou six, desquels la doctrine accompaignée d'un parfaict artifice, m'a tousjours tiré en admiration.» Vn peu plus loin : « Soubz l'elocution se comprend l'élection des paroles, que Vergile et Horace ont si curieusement observée Four ce tu te doibs travailler estre copieux en vocables, et trier les plus propres et signifians que tu pourras pour servir de ners et de force à tes carmes... » Plus loin encore : « Tes epithetes seront recherchez pour signifier, et non pour remplir ton carme, ou pour estre oyseux en ton vers... Les Romains ont esté trescurieux observateurs de ceste règle, et entre les autres Virgile et Horace. Les Grecs y ont esté plus libres et n'y ont advisé de si près ' ». Ainsi donc la « doctrine » et ï« art parfaict », notamment le choix des mots « signifians », voilà ce que Ronsard admirait dans les odes d'Horace et ce qu'il s'est efforcé d'imiter dans les siennes. S il n'a pas toujours réussi, s'il a été moins concis et moins brillant que son modèle -, s'il a parfois eu tort d'allonger ses pièces par une « contamination « inopportune ou même illogique ^, s'il n'a pu se résoudre à sacrifier certains détails encore trop anciens et trop païens pour nous *, nous devons reconnaître pourtant qu'il a su laisser de côté presque tous les détails purement romains s, qu'il a heureusement transposé et adapté ses emprunts aux événements de son époque et à ses propres sentiments, qu'il a enfin plus d'une fois reproduit, en sa langue rude encore, l'énergie et la grâce horatiennes.

1. Texte de 1567 M.-L., VI, 449. 453 et 454 ; cf. Bl , Vil, 318 et suiv. .

2. V. par ex l'ode A Bertran Berger^ et l'ode Se forte credas interitura.

3. V. les odes : Guy, nos meilleurs ans coulent (fin) ; L'ardeur qui Pythagore fin! ; Ami^ Vami des Muses ; D'où vient cela, mon prélat, que les hommes. Dans l'ode Descen du ciel, Calliope. Ronsard a essayé de donner vers la fin un pendant à la digression pindarique de l'ode Descende caelo, en substituant à la Titanomachie un épisode du lioland Furieux, comme le prouve ce vers: ■ Nous savons bien comme... u qui traduit le Scimus ut., de son modèle. Ces deux strophes, qui n'avaient aucun rapport avec le reste de l'ode, ont été heureusement supprimées par Ronsard de ses dernières éditions. Rlanchcmain les a mises entre crochets II, 136;.

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