‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 287 sur 509 · II, 19; I · texte numérisé non relu

II, 19; I

I,9;II,16;IIL16.

coulent, » etc. ' . Il lui doit également les conclusions non moins vives de quelques pièces Horace, à deux reprises, avait rappelé sa Muse du ton grave de l'ode épique ou religieuse au ton plus simple de la chanson : « Eh ! quoi, Muse téméraire, vas tu laisser tes jeux pour les thrènes du poète de Céos ? Viens dans la grotte de Dionée essayer avec moi sur la lyre des accents plus doux » (II, i, fin). « ÎS'on, de tels sujets ne conviennent pas à ma lyre enjouée. Où cours-tu, Muse téméraire? Cesse de redire les entretiens des Dieux et d'en abaisser la majesté par la faiblesse de tes accents. » (111, m, fin.) A. son tour, Ronsard écrivit à la fin de l'ode .1 Bertvan Berger :

Taisez vous, ma lyrejazarde,

Un si haut chant n'est pas pour vous

Retournez louer ma Cassaudre

Et dcsur vostre corde tendre

Chanlez-la d'un fredon plus dous ;

elà la fin d'une des odes .4 Gaspar d'Auvergne :

... Où cours tu Muse ?

Repren ton style plus léger Et à ce grave ne t'amuse -.

En résumé, Ronsard doit aux odes morales, littéraires et politiques d'Horace d'excellentes inspirations ; des idées générales d'une sagesse pratique, des plans d'une disposition simple, des entrées en matière et des conclusions d'un mouvement alerte et net. Horace ayant fait passer dans la langue latine tout ce qu'elle pouvait recevoir du lyrisme pindarique, Ronsard trouvait dans ses odes un pindarisme atténué, débarrassé des éléments purement grecs, mais riche encore de ceux qui étaient universellement intelligibles, combinés d'ailleurs avec des éléments romains plus voisins de nous et plus assimilables. Ce lyrisme moyen, qui rarement se perd dans les nues et ne se traîne jamais à terre ; qui, s'adressant à des protecteurs et à des amis, admet des accents plus personnels et des épanchements plus intimes ; dont les sentiments, élevés par eux-mêmes et rehaussés par une expression brève, délicate, souvent éclatante, toujours soignée, restent cependant accessibles au commun des hommes, c'était le seul, du moins

1. Descende caelo. CalUope ; MercurI facunde nepos Allanlis : Praecipe lugubres canlus, Melpomenc : Quo me, Bacehe, rapis : Qui ftl^ Maecenas ; Eheu fugaces, Postume, Postume, labunlur annî. V. ci-dessus, p. 327 et suiv.

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