‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 324 sur 509 · Bl,, U, 420 ; VI · texte numérisé non relu

Bl,, U, 420 ; VI

DE RONSAKD l'uÈTE LYRInl E {Ode li'Cjrrc) 431

des sensations d'une finesse et d'une vivacité singulières. lLjLa-r.ess.eflLti le frisson sacré.

De là tant de scènes rusticiues si joliment dessinées, tant d'heureuses descriptions pastorales, qui ont reçu tout leur développement dans les Eglogues et les l'oëmes, mais qui sont esquissées déjà dans ses Odes, et dont quelques-unes y forment des tableaux achevés. Quand il chante son « nid paternel », son Loir et sa Gasline, « délices de ses vers » ', la sincérité de ses impressions ne peut être mise en doute. .Je crois pouvoir m'en porter garant après avoir parcouru plusieurs fois, en divers sens, le pays natal de Ronsard, de la Chartresur-Loir à Vendôme et du prieuré de Croixvalà Bessé-sur-Braye, ainsi que ses autres résidences favorites de la région voisine, Bourgueil où il aima, Saiut-Cosme-lez-Tours où il mourut. Au surplus, d'autres « pèlerins » rousardisanls ont constaté comme moi de visu la « merveilleuse fidélité » de ses peintures-.

Mais, comme Ronsard se reposait sur les rives ou s'enfonçait dans les bois, « parlant avec un livre ■' » ; comme il savait par cœur son Virgile et son Horace ; comme la nature qu'ils ont décrite ne diffère pas très sensiblement de celle qu'il voyait et dont il jouissait, c'est de concert avec eux qu'il exprime une partie de ce que lui inspire le paysage environnant. On peut lui appliquer ce qu'on a dit du poète des Bucoliques : ses poésies champêtres sont un mélange perpétuel d'observations directes et d'imitations; il passe sans cesse de la nature réelle qu'il a sops les yeux à la nature ornée qu'il trouve dans ses auteurs, préoccupé qu'il est de reproduire ses visions etautres sensations d'une façon littéraire*. Il y a donc là encore une transposition. Mais elle a lieu sans effort, sans heu ri, ^:ins disparate, sans que la vérité de ses descriptions souffre des ciiiiirunls qu'il fait ; l'expression y gagne seulement d'être plus poétique, et c'est précisément ce que voulait Ronsard.

C'est avec la même intention de poétiser les sites du Vendômois et de la Touraine qu'il en fait le séjour préféré des Muges, .qu'il donne une àme et un corps aux énergies naturelles de la terre, des eau x, ei des bois, qu'il les peuple de divinités pa'iennes. Faunes. .E^ipaus et Sylvains, Naïades, Oréades et Dryades, « ballant » et folâtrant

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