Faguet, Seiz. siècle, p. 237. Cf. pp
5. Bl., II, 249, ode Antres et nous fontaines. Cf. dans Lamartine l'ode pastorale des Préludes, el la Gn de Milly.
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vendômois, assistant tout au moins aux travaux des champs et des prés, à la moisson, aux vendanges; et l'on sait qu'à l'âge mùril prenait un vif plaisir à planter, enter, semer et bêcher dans les vergers et jardins de ses prieurés *. Il a profondément aimé la vie et les aspects de la campagne, de la vraie campagne. Il en a chanté les agréments et les beautés avec ses souvenirs littéraires, mais aussi à l'aide de son expérience et de ses impressions personnelles. Par une adroite transposition il l'a revêtue d'ornements poétiques de provenance étrangère, qui s'y adaptaient d'ailleurs assez bien étant donné leur caractère général, mais il en a vu et dégagé directement la poésie intime. Il l'a décrite artislement mais fidèlement, jusque dans ses détails, avec une émotion réelle, comme l'eût fait un gentilhomme campagnard très instruit et poète. Ce que nous disons là des Odes est bien plus visible encore dans les Egluguet; et dans la délicieuse idylle du Voyage de Tours. Aussi n'avonsnous pas lu sans surprise dans une étude d'ensemble sur Ronsard, relativement récente : «Il ne connaît que superficiellement l'existence des pasteurs dont il vante les charmes, et ne s'y intéresse pas -. «C'est exactement le contraire qui nous parait vrai.
D'autre part, sa manière de sentir la nature est sans doute celle que les Italiens avaient mise à la mode. Mais c'est aussi la sienne propre, et elle est bien française, puisqu'on la trouve en germe dansles poésies pastorales et lyriques de notre Moyen Age. Comme eux il l'a assimilée à riiumanité ; il lui a prêté une âme sensible et compatissante. Mais aussi, deux siècles et demi avant le poète du Vallon, du Lac et d'hchia, il en a fait le témoin et la conlidente de ses propres peines, de ses propres joies. Il l'a vue à travers son tempérament voluptueux et passionné et il l'a faite à son image. 11 n'en a pas séparé sa personnalité, la personne du poète qui aime ou voudrait être aimé dans le cadre des paysages naturels, à l'exemple des oiseaux et des plantes, souvent même avec leur complicité 3. 11 y a trouvé enlia matière perpétuelle
1. Bl., VI, 54, Gi) el passiin ; ci-dessus, p, 231, et, dans les Meslangcs de .lamin, une ode « puLir un laurier ptauté par M. de Uonsard à Croisval ».
2. G. Chalaudon, thèse fr. de 1875 (p. 132). Tuul le chap. consacré aux Etjlugues dans cette étude renouvelle, en l'aggravant, l'injuste critique de Boileau à l'égard de Konsard poète pastoral. Pour nous, au contraire, Honsard dans ses Eglogues a souvent égalé et parfois surpassé Virgile. Il y a manié l'allégorie politique et littéraire avec la même habileté et plus d'abondance, sans que ses interprètes cessent de parler une langue colorée et savoureuse, qui serait celle des bergers s'ils étaient poètes. Son œuvre pastorale n'est ni trop haute ni trop basse, en dépit de Boileau : idées et style, tout y brille d'une naïveté et d'un réalisme sains, qui se concilient parfaitement, comme chez Théocrite, son autre modèle, avec la délicatesse, 1 élégance, la grâce et l'harmonie . Cette poésie-là, loin d être une « erreur » de Honsard, nous apparaît plutôt, avec ses Discours, comme le triomphe de sa maturité (1558-1564).
3. V. encore les sonnets : lié, que uoalez-uous dire [l, 171) Je nwiirrois de plaisir
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à rêveries et à retours sur lui-même, — sans d'ailleurs s'arrêter à aucun système philosopliique, mais en notant seulement ses impressions passagères, — soit qu'il attribue aux forêts et aux ondes une larfçe part dans son inspiration, soit qu'il envie le sort des êtres indépendants et des choses éternelles, soit qu'il lui préfère, ce qui est plus rare, son propre sort d'homme mortel, qui vit et qui meurt d amour.
{id., 216) ; Vous triomphe: de moy [id., 332i. — L'ode A Cassandre : « Le printemps vient, naissez fleurettes | Coupables de mes amourettes. . «.l'hymue .4 la A'iiif : « Nuit, des amours ministre et sergenle fidèle ». le sonnet Cache pour celle nuit la corne, l'odelette Chère Yesper, lunuere durée, constatent ou réclament également la complicité de la nature dans les actes amoureux du poète
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