‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 372 sur 509 · III. — Résumé et conclusion · texte numérisé non relu

III. — Résumé et conclusion

De Pétrarque à Ronsard. Les influences contraires à celles de Pétrarque : poètes anciens, italiens, néo-latins et français. La Cour. Le tempérament de Ronsard Comment il a compris l'amour

Lemaire de Belges, à la fin d'un célèbre épisode des Illuslratiùns de Gaule, a écrit ces lignes : « Les nobles Poètes disent que cinq lignes y ha en amours, c'est-à-dire cinq poincts ou cinq degrez especiaux. C'est à scavoir le regard, le parler, l'attouchement, le baiser : Et le dernier qui est le plus désiré et auquel tous les autres tendent, pour finale resolution, c'est celuy qu'on nomme par honnestelé Le don de mercy. Paris donques venu de degré en degré jusques au quatrième de ces poincts, lequel luy sembla plus doux que sucre de Madère, par instinct de nature ne se sceut abstenir de vouloir parfournir le cinquième. » Et, après avoir franchi avec Paris et la nymphe Œlnone les quatre pre-

DE RONSARD POÈTE LYRIQUE [Ode légère) 515

mières étapes, il n'a pas laissé de les conduire jusqu'au terme de la carrière *.

Ronsard en lit autant. Mais il fut tout ensemble l'écrivain et le protagoniste de ce drame lyrique en cinq actes. L'exemple venait de loin et de haut, de Théocrite et de V Anthologie grecque, surtout d'Ovide ; et cet exemple avait été suivi par les troubadours et les trouvères, puis par nombre de poètes italiens, entre autres Boccace, Boïardo, l'Arioste, l'Arétin, et de poètes néo-latins, entre autres Pontanoet J. Second, tous héritiers directs ou indirects du grand maître latin dans l'art d'aimer. Marot avait développé de-ci de-là son épigramme Des cinq poinctz en amours -. Ronsard à son tour dansa et chanta ce qu'il appelle métaphoriquement « les cinq pas de l'amoureuse caroUe » 3.

Le « point » final, qu'on appelait par pudeur sous Louis XII le « don de mercy » et que Cl. Marot lui-même « n'osoit dire » '^, Ronsard Tachante. Sans revenir surl'ode ovidienne /)e /a défloration de Léde, il est telle ode .1 son Lict, oîi Ronsard exprime sa reconnaissance à cet auxiliaire complaisant de ses ébats amoureux, et avec un tel enthousiasme qu'il reproche aux dieux de ne pas l'avoir « logé » dans le ciel, où il leur feroitplus d'honneur que la constellation du Chien, le signe du Cancer, la grande et la petite Ourse : sept quatrains assez personnels, où il a combiné deux tercets de l'Arioste avec quelques distiques de J. Second 5. H est telle A7nou)'e/(e, qui se termine par la défaite, plus ou moins consentie, de sa « gentille brunette » : scène de séduction, pour laquelle Ronsard s'est souvenu de l'oaristys de Théocrite, mais qu'il a monologuée et traitée de façon bien plus expéditive, sans la moindre promessede mariage, presque

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