‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 374 sur 509 · Ad Lydiani, v. ci-après, Appendice, pièce justifie. V · texte numérisé non relu

Ad Lydiani, v. ci-après, Appendice, pièce justifie. V

7. V. par ex. Hendecasgll., prologue el I, Ad Acliuni Syncerum Ad Alfonsum ducew

ol8 SOl'RCES ET ORIGINALITÉ

Manille ', de Sannazar -, de Salmon Macrin 3, pour ne citer que les principaux, et aux dix-neuf petits poèmes en rythmes divers que J. Second cisela et réunit le premier sous le titre : Bnsiorum liber «ni/s *. Si l'on objecte, avec une apparence de raison, que le latin, langue morte, leur permettait de braver plus sûrement l'honnêteté dans l'expression artistique du baiser, je répondrai que de grands écrivains de l'Italie avaient traité le sujet en italien sans dépasser les bornes permises, témoin l'Arioste^; et encore que Cl. Marot avait écrit en pur français un rondeau, Du baiser de s'am>/e, et trois épigrammes, A la bouche de Diane, D'un doux baiser. Baiser vo/é. qui sont des chefsd'œuvre de grâce passionnée, de délicatesse et d'esprit *.

L'œuvre de Ronsard est donc pleine de « baisers ». On en trouve surtout dans les Amours, dans les Orfe«, dans les Eglognes, da.ns]es Elégies. Ils s'offrent tantôt comme une partie, comme un détail dansune pièce, tantôt comme le principal, comme le tout de la pièce : les uns seulement effleurés, les autres plus appuyés ; les uns rapides et superficiels, les autres prolongés et pénétrants; les uns donnés sans être rendus, les autres simultanément échangés ; tousparfumés. savoureux et brûlants. Tantôt l'amant, seul avec lui-même, les imagine ou se les rappelle; tantôt, seul avec sa maîtresse, il les sollicite et les prend ; tantôt il les demande en vain, et s'en étonne, ou s'en indigne, ou s'en lamente. La plupart sont encadrés de paroles caressantes, de conseils, de reproches, de réflexions morales, de descriptions étrangères qui étoffent le sujet assez mince par lui-même. Ils donnent alors lieu à une courte scène où l'amant supplie, où l'amante accorde ou refuse le baiser, où l'amant exhale sa joie ou sa mélancolie. Ils forment ainsi de petits tableaux de genre animés, colorés, gracieux.

Bref, Ronsard a tout fait pour y éviter la monotonie. En quoi il s'est réglé sur J. Second, qui, bien que mort à 25 ans, a éclipsé tous les poètes néo-latins précédents et fut jugé par Alciat, par J. Scaliger et par Grotius" l'égal des lyriques et des élégiaques les plus purs, les plus

Calabrîae, etc. — Amor., I, Ad Fanniam : Candidior niuea... ; Amabo. mea cara. . : Ad puellas ; Ad Cinnamam hlande, etc. — Eridan., I, Ad Stellam : Adcœnam me Stella vocas.

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