‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 376 sur 509 · Rime, capitolo VI, O più che 7 giorno, tercets 7 à · texte numérisé non relu

Rime, capitolo VI, O più che 7 giorno, tercets 7 à

6. Ed. Jannet. II, p. 159 ; III. pp. 43, 52, 107. Le rondeau et la première de ces épigrammes datent de 1524. — V. encore III, p. 8. épigr. x, et p. 112. épigr. cclxxix

7. Le iu;;cmenl du grave Alciat, qui avait été le maître de Second à Bourges, figure parmi les pièces funèbres qui suivent les œuvres de Second dans les éditions du

DE RONSARD mÈTE I.YRDTfF, [Odo Iprji'TP) 319

harmonieux de l'antiquité païenne ; sur J. Second, « de qui la gloire n'ira jamais défaillant », dit Ronsard lui-même,

Et duquel les Baisers ores Pour estre venus du ciel En ses vers coulent encores Plus doux que l'attique miel '.

II l'a même suivi d'assez près, de plus près que certains autres modèles. Cependant on ne peut pas dire qu'une seule des pièces qui s'en inspirent soit une traduction, ou même une paraphrase complète, et Nie. Richelet, dans son commentaire des Odes, a eu tort d'appeler quelques-unes d'entre elles des « versions ». Les idées, les inventions, sont presque les mêmes : pouvait-il en être autrement ? Mais les développements, mais l'expression, mais la disposition des matières sont différents, soit que Ronsard ait dissocié des éléments réunis dans Second, soit qu'il ait associé des éléments épars, soit qu'il ait encore supprimé, ajouté, allongé, raccourci. C'est ainsi que l'ode sur Z,e baiser de Ca.ssandre (1550),

Baiser, fils de deux lèvres closes.

Filles de deux boutons de roses...,

qui résulte d'une fusion de deux tercets de l'Arioste et de quelques vers disséminés dans les fia!$er.s I, X, XUl, XVI et XVIII de Second, ne correspond particulièrement à aucun deux ni aux autres et n'oflre avec eux qu'une ressemblance lointaine; que l'ode A Cassandre (1530),

Nymphe aux jjeaux yeux, qui souffles de ta bouche Une Arabie à qui près en approuche...,

commence par trois quatrains où se mêlent des réminiscences du Vhamus atque amemus de Catulle et des finisers IV (début), VII (vers 27) et XVI (str. 6), continue par trois quatrains sur l'inévitable mort inspirés par Horace, et se termine par la conclusion du Baiser XVI de Second : Sic aevi, mea Inx, tempora floridi \ Carpamus simul... C'est ainsi encore que l'ode Aux mouches à miel (1330),

XVI' siècle. Celui de Scaliger est rapporté par J. Douza dans son Commentaire sur Tiballe, et celui de Grotius se trouve dans le Parallèle des Républiques (v. led. des Œuvres de .Second par P. Bosch, Leyde. 1821).

1. Bl , II, .'Ul.ode A y. Denisot, publiée en septembre 1552 L'opinion n'a pas sensiblement changé depuis. J. Second a été goûté et imité pendant trois siècles comme un classique Ses imitateurs ont été légion, aussi bien en latin qu en français et dans d'autres langues, depuis les poètes Marotiques et Ronsardiens jusqu'aux petits lyriques de la deuxième moitié du xvni' siècle. On sait que Montaigne jugeait les Basia « dignes qu'on s'y amuse « et que, entre cent autres, Mirabeau les a traduits.

520 SOURTES ET ORIGINALITÉ

Où allez vous, filles du ciel, Grand miracle de la Nature...,

OÙ Ronsard invite les abeilles à venir butiner leurs sucs sur la bouche de Cassandre, à la condition de ne pas la piquer et de lui laisser, à lui, sa part de butin, — vient entièrement du Baiser \]\, ma\s avec des changements notables : à trois vers obscurs (10-12), Ronsard a substitué une plus longue liste de fleurs nées sur les lèvres de sa maîtresse, et sa dernière strophe transpose et résume heureusement les dix derniers vers de la pièce latine.

Même remarque pour Fode A Cassandre (1550),

O pucelle plus tendre

Qu'un beau bouton vermeil...,

qui, tout en suivant d'un bout à l'autre le Baiser II, présente une strophe initiale nouvelle et nombre de modifications inférieures. Cette fois cependant l'imitation était loin de valoir le modèle. Ronsard s'en rendit compte, remit plus tard son ode sur l'enclume et la transforma en une chanson pour Hélène, dont nous reparlerons <.

11 nous semble nécessaire de présenter ici le texte complet des trois « baisers» de 1530 que Ronsard a seuls conservés dans toutes les éditions de ses Odes, au livre II. On pourra se faire ainsi une idée exacte de son originalité relativement à Second dès le premier tiers de sa carrière 2.

1" Ode à Cassandre.

, ., ,. La lune est coutumiere

Soles occidere et redire possunt : r, ■ . . i •

,,,. , .,/, . , Renaistre tous les mois,

^ob,s cum semel occidit brev,s lux j^,^.^ ^ ^^^,^^ ,^^;^.^

^ox est perpétua una dornnenda. g^^^ ^^,j^ ^^^ f^i^

Damihi basia mille, deinde cenlum... , ..„„„:ii„..

, ,, ,r , -, i Long tans sans réveiller

Catulle, V, 4-7.) ., r . n

^ ' • I Nous faudra sommeiller.

Expîeri numéro sed nequit ullus Amor. Tandis que vivons ores

Un baiser donne moi,

Seu bona, seu mala sunt, veniunl uberrima Donne m'en mile encores '.

[caelo : Amour n'a point de loi,

Majeslas domui conuenit illa Jouis. A sa grand'deilé

{Second, Bas. VI, 4 et 15-16.) Convient l'infinité '.

l.V. ci-après, p. 532

2. On nous permettra de citer ici le teste de 1555, déjà très amélioré, et de mettre en notes quelques variantes importantes de la rédaction primitive.

3. Var. 1550 : « D'un baiser humide, ores ( Les lèvres pressez moi, | Donnez m'en mile encores. »

4. Ronsard a repris cette dernière idée et l'a développée d'après le Baiser VI de Second dans VElegie de 1578 : .Vous fismes un contract . (Bl , IV, 289 )

DE RONSAHD POÈTE LYRinuE: [Ode légère)

/. Ouïs te faror, Neaera Inepta, quis jubebat Sic involare nostram^ Sic velUcare linguam 5. Ferociente morsu ?

An. quas tôt unus abs te Pectus per omne gesto Penetrabileis sagiUas^ Paruni uidentur, istis

10. Xi dentibus protervis Exerceas nefaiidum Membrum nefas in illud, Quo saepe sole pn'njo, Quo saepe sole sero^

15 Quo per diesque longos^ Noctesque amarulentas.

Laudes tuas canebam ?

Haec est, inîqua^ nescis ?

Haec illa lingua nostra est^

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