Alhamque turturillam, Venere invidente, dixit
[Ibid . VIII) 2.
Ah. vous ni'avês, maîtresse, De la dont entamé La langue chanteresse De vostre nom aimé ; Quoi ? esse-là le pris Du labeur qu'elle a pris ?
Elle qui vos louanges De sur le lue vantoit.
Et aus peuples étranges Vos mérites chanloit.
Ne faisant l'air sinon Bruire de vostre nom :
De vos tetîns d'ivoire Joyaus de lOrientl Eternisoit la gloire Et de vostre œil friant :
Pour la recompenser La faut-il offenser ?
Las ! de petite chose Je me plain durement :
La plaie en l'ame enclose Me cuist bien autrement, Que ton œil m'y laissa Le jour qu'il me blaissa '.
A remarquer: 1^ que Ronsard a fait ses deux premières strophes avec deux réminiscences fia deuxième amenée très naturellement par la première) étrangères au B'ûser VIII de Second, sujet principal de son ode ; 2° que de ce Baiser VIlï il a laissé de côté les treize derniers vers et pris seulement l'essentiel de ce qui restait, sans tenir aucun compte des répétitions, des diminutifs mignards, des appellations caressantes qui amplifient démesurément la pièce latine : preuve incontestable de goût •* ; 3° qu'il a pris l'idée de sa strophe finale aux vers 6-9 du Baiser VII!, et en a tiré un parti tout à fait différent, même contraire : alors que Second a fait ressortir la cruauté de la blessure matérielle,
Qu'en traison il receut, | Quand
1. Var. 1550 « La plaie au cœur enclose.. vostre œil le décrut ».