V. ci-dessus, pp. 515 et
Et si tout cela n'est que nction, si seulement Ronsard n'a pas fait tout ce qu'il dit. comme nous sommes encore loin de Marulle, qui écrivait au même :
El quae non facimua. dicere fada piidct
Quant à épouser Marie, Ronsard n'y pouvait pas songer, non seulement à cause de la dislance sociale qui le séparait d'elle, mais à cause du célibat imposé aux bénéficiaires ecclésiastiques sous peine de perdre leur droit aux bénéfices, raison majeure derrière laquelle il n'a pas manqué de se retrancher, cl qui suffirait à expliquer son inconstance ou celle de ses maîtresses. S'il a regretté une fois de ne pouvoir s'allier légitimement à l'une de ses maîtresses, celle qu'il appela Sinope, c'est surtout, je pense, pour faire passer une allusion très risquée au « cinquième point en amour », qui avec elle était la seule fin où il prétendait :
Mais je voiidiois avoir changé mon bonnet rond
Kt vous avoir chez moy pour ma chère espousée :
Tout ainsi <]ue la neige au doux soleil se fond
.le me fondrois en vous d'une douce rousée -.
L'eiil-il pu, qu'il n'aurait certes pas voulu aliéner sa liberté dans les liens du mariage. Toute son œuvre erotique, à part les épithalames en l'honneur des rois et des princes, où il a su garder le respect des circonstances et des personnages tout en insistant sur les plaisirs physiques réservés aux jeunes époux, — est une protestation contre le mariage et une exaltation de l'union libre 3. Il parle de la femme et à la femme sur « ce ton de légère et folâtre insouciance », avec « cette révolte contre les règles ordinaires de la morale », qu'on a souvent constatés dans les poésies lyriques du Moyen Age ^, et qu'on retrouve encore dans les chansons du xv*^ siècle et dans celles de Cl. Marot, échos certains des pasiourelles, des aubes, des rondcls et des reverdies de l'époque des trouvères 5. Il en parle comme certains personnages du