Cf. H. Guy, Rea dHist. litt. de 1902, p
5. Le mot est de Sainte-Beuve (Notes des Œtw. choisies df H \ Il ajoute : " Elle le paraîtrait davantage encore si la pièce de La Fontaine n'était dans toutes les mé-
DE ROMSAHD POÈTE I.YRIOl'E \Odp, Ipgére) liOl
— Sur lui-même. « Couché sur des feuilles de myrte tendre et de lotus vert je veux boire ; el qu'Erôs, ayant noué d'un papyrus sa tunique près du cou, me serve du vin. Car, telle que la roue d'un char, la vie tourne et fuit, el nous ne serons qu'un peu de cendre, nos os une fois dissous. A quoi bon parfumer la pierre Ttombale]. et faire à la terre de vaines libations ? Ah ! plutôt, pendant que je vis encore, parfumemoi, couronne ma lète de roses et va chercher une hétaire. ErAs, avant d'aller là-bas danser avec les morts, je veux dissiper mes soucis '. » Vrai type de la chanson épicurienne, erotique et bachique tout ensemble, qui s'est transformé ainsi sous la plume de Ronsard:
A Corgdon.
Pour boire, dessus l'herbe tendre Je veux sous un laurier m'étendre.
Et veu.\ qu'Amour, d'un petit brin Ou de lin ou de cheneviere, Trousse au flanc sa robe légère Et mi-nu me verse du vin.
L'incertaine vie de l'homme Incessamment se roule, comme Se roulent aux rives les flots :
Et, après nostre heure dernière.
Rien de nous ne reste en la bière Que je ne sçais quels petits os-.
Je ne veux, selon la coutume.
Que d'encens ma tombe on parfume, Ni qu'on y verse des odeurs :
Mais tandis que je suis en vie J'ai de me parfumer envie Et de me couronner de fleurs.
Corydon, va quérir m'amie : Avant que la Parque blémie M'envoie aux éternelles nuits.
Je veux avec la tasse pleine, Et avec elle, oster la peine De mes misérables ennuis.
moires. La Fontaine pourlant n*a pas toujours la supériorité sur le vieux poète. " Nous avons étudié de près l'Amour mouillé de La Fontaine, el nous ne craignons pas de déclarer que la réputation de cette pièce a été surfaite ; à part les cinq derniers vers ^qui traduisent la fin de la pièce anacréontique), elle n'offre pas, à beaucoup près, la vraisemblance, le pittoresque et la saveur de la pièce de Ronsard.