‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 414 sur 509 · Anacréon de H. F.sliennc, n" : Et^". |Ji'j?T!va · texte numérisé non relu

Anacréon de H. F.sliennc, n" : Et^". |Ji'j?T!va

2. Texte de 1560 Var. du texte princeps (1554) : « Et après nostre heure funeste, | Oe nous en la tombe ne reste | Qu'un peu de cendre de nos os ». — Outre la répétition de nous, de nos os. Ronsard a supprimé en 1560 la cendre de l'urne, qui avait à ses yeux une couleur grecque trop prononcée. 11 aurait pu cependant garder sa première traduction du grec 'Î)>'Yt, vA'j'i oi-ituv ),j9iv:tov, comme il l'a fait dans l'ode de la

Ronsard n'a rien changé au thème ; il a suivi le mouvement et l'ordre du développement. Mais il a Tait — et c'est beaucoup — une paraphrase originale, qui n'est plus exclusivement grecque, ou antique, mais bien française, moderne, et plus généralement humaine. Plus de myrte, ni de lotus, ni de papyrus, ni de tunique nouée à l'épaule ; plus de char roulant dans le stade, ni de cendre sous la pierre, ni de libations funéraires, ni de danses des morts, ni d'hétaire. Mais de Vherbe, un laurier, un briti de lin ou de chanvre, une robe légère troussée au flanc, les flots au rivage, des os dans une bière, de l'encens, Corydon (un serviteur réel), la nuit èlernelle, une amie, une tasse pleine, tous changements motivés par le changement des croyances et des mœurs. Qui pourrait croire à première vue que cette pièce est d'origine hellénique? Qui n'a pas l'illusion qu'elle est sortie tout entière du cerveau de Ronsard, gentilhomme vendômois ? Sans compter le mérite d'une sobriété relative, malgré les exigences de la strophe, et celui d'avoir résumé l'ode entière dans les trois derniers vers, qui sontcertainement supérieurs au grec. Vraiment Ronsard est arrivé à des résultats surprenants dans l'adaptation des odes horatiennes et anacréontiques. — Sur une colombe : « Gracieuse colombe, d'où, d'où voles-tu ? D'où viennent tous ces parfums qu'en traversant l'air tu exhales et fais pleuvoir ? Qui prend soin de toi ? (var. Quel but poursuis-tu ?). — Anacréon m'a envoyée vers l'éphèbe, vers Bathyllos, qui maintenant sur toutes choses commande et règne. Cythéré m'a vendue en échange d'un petit hymne, et depuis je sers Anacréon. Aujourd'hui, tu le vois, je porte ses lettres. Il dit que bientôt il me rendra libre. Mais moi, même s'il me laisse aller, je resterai près de lui à le servir. Qu'ai-je besoin de voler par monts et par plaines, de percher sur des rameaux et de manger des graines sauvages ? Maintenant je mange du pain que je picore dans les mains d'.\nacréon lui-même, et il me donne à boire du vin qu'il boit. Puis, après avoir bu, je saute parfois et j'abrite de mes ailes mon maître Anacréon ; enfin me reposant je dors sur sa propre lyre. Tu sais tout ; adieu, homme ; tu m'as rendue plus bavarde qu'une corneille » '. L'ode De la Colombelle a presque entièrement absorbé les trente-sept vers de cette chanson grecque (Ronsard a seulement laissé les vers 3 à 5 qui manquent de naturel et de vraisemblance). Mais elle en diffère très avantageusement par ce seul fait que la colombe de Ronsard, au lieu de bavarder avec un passant quelconque en se rendant chez Bathyllos l'éphèbe, est une « messagère

Rose, en parlant de Brinon, " Lequel aujourd'hui n'est sinon ] Qu'un peu de poudre en utie bière, | Qui de luy n'a rien que le nom.

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