CHAPITRE II
LES RYTUJIES LYRIQilES DE RONSARD.
I. Tableau des rj'thmes lyriques de Ronsard. Systèmes strophiques simples. Systèmes strophiques doubles. Remarques auxquelles ils donnent lieu. Leur variété.
II. — Raisons qui ont guidé Ronsard dans ses choi.'i. Erreurs et contresens rythmiques. Imitation des rythmes gréco-latins. Source de la métrique des odes pindariques.
m. — Conclusion de la troisième Partie. Mérites de Ronsard comme métricien. Avant lui, tyrannie et anarchie ; avec lui, liberté dans l'ordre. Il est le plus libéral et le plus puissant législateur de la métrique moderne; mais à cet égard il doit beaucoup à Cl. Marot.
Il nous reste à voir de quelles combinaisons Ronsard a usé dans ses pièces lyriques, et quels furent les principaux motifs de ses choi.x. Nous ne ferons pas figurer dans le tableau qui suit les 43 odes isométriques à rimes plates, mesurées mais non divisées, que nous avons fait connaître à la fin du chapitre précédent, p. 682 ; leur strophisme se réduit à cette formule : quatre vers de 12, ou de 10, ou de 9 (une fois), ou de 8, ou de 7 syllabes mmff ou ffnim. Nous commencerons par les pièces construites sur un seul système strophique ; ce sont de beaucoup les plus nombreuses. Puis viendront les pièces construites sur deux systèmes strophiques, au nombre desquelles nous ferons figurer les quatorze odes pindariques â triades. La triade se compose de trois groupes rythmiques, une strophe proprement dite, une antistrophe et une épode ; mais comme dans chaque ode les strophes et les antistrophes sont identiques parle rythme intégral ; que d'autre part les épodes sont de la même façon égales entre elles, mais diffèrent des strophes qu'elles accompagnent, on peut assimiler ces odes à celles qui sont construites sur deux systèmes strophiques *.
1. Une ode triadique est comme une ode à deux systèmes strophiques, dans laquelle les strophes du premier système strophes impaires; seraient doublées. Goudi mel, écrivant en 1552 la musique de l'ode A Michel de L'Hospilal, n'a harmonisé que deux mélodies, l'une pour la strophe (répétée à l'antistrophej, l'autre pour l'épode {y. ci-dessus, p. 80 .
La première et la deuxième colonne représentent les espèces de strophes, la troisième les variétés de ces espèces. Quand les rimes ne sont pas désignées parleur genre (/". ou m.)> mais par les premières lettres de l'alphabet, c*est que l'ode n'observe pas encore la régularité strophique intégrale. Nous indiquons dans la colonne des rimes les sources françaises auxquelles Ronsard a pu puisera
Tableau des rythmes lyriques de Ronsard
Nombre et
mesure des vers
par strophe.
Nombre
de syll. métr.
par vers.
Agencement et genre
des rimes.
Références
a l'édit.
Blanchemain.
17 isométr.
10 hétérom.
9 isom.
9 hélérom