Cf. El.. VII
Et tout cela prouve surabondamment que pour Ronsard et ses amis la strophe a été l'élément essentiel et caractéristique de l'Ode. Ici, elle atteignait sa plus haute élégance ; là, elle était réduite à sa plus simple expression; mais enfin il y avait toujours strophe, c'est-à-dire retour régulier d'un rythme identique. La strophe fut à leurs yeux, comme cela devait être, le principe même du lyrisme. Et c'est justement parce que la strophe était le principe môme du lyrisme, que, voulant rendre, dans la mesure du possible, aptes à figurer dans un recueil lyrique et à être chantées les pièces isométriques à rimes plates, Ronsard les a soumises au régime strophique par la loi de l'alternance régulière. Ce serait une illusion de croire qu'elles dérogent au principe ; elles en sont au contraire une éclatante confirmation. Mais cela n'a pas empêché Ronsard de préférer de beaucoup les autres, qui répondaient mieux à son idéal lyrique, parce qu'elles étaient capables des combinaisons les plus variées, et, comme dit Du Bellay, « aussi diverses que la fantasie des hommes et que la mesme Nature ' ».