‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 50 sur 509 · Horace, Carm., I, 4 ; Ronsard, Bl., V · texte numérisé non relu

Horace, Carm., I, 4 ; Ronsard, Bl., V

5. 'Virgile, Georij., III, vers 10 et suiv. ; Ronsard, Bl., II, 409. Cette ode est, à mon avis, de 1543 au plus lard.

semblait être une autre Amaryllis, une autre Lalagé « fuyante avecques son cœur » ^

L'idée de rivaliser avec ses poètes latins favoris lui vint ainsi naturellement, spontanément tout d'abord. Il avait là sous la main la matière de la poésie. Pourquoi n'aurait-il pu l'exprimer à son tour, puisqu'il sentait, puisqu'il voyait, puisqu'il touchait pour ainsi dire la beauté inspiratrice ?

Mais il commença par l'exprimer en vers latins, soit à l'instigation de son ami Paul Duc, soit à l'exemple du poète de Loudun, Salinon Macrin, valet de chambre de François I*'', protégé du cardinal évêque de Paris, Jean du Bellay, et ami de tous les érudits, qui l'appelaient l'Horace français -. Le fait nous est attesté par Cl. Binet : « En sa première jeunesse, il s'estoil adonné à la Muse latine ■'. » Ronsard luimême a fait des allusions très précises à cette tentative, mais en avouant qu'elle échoua *. Comment eût-il réussi dans une langue dont il connaissait mal le vocabulaire et la syntaxe, dans une versKication à laquelle il n'était pas rompu par une longue suite d'exercices scolaires? 11 lui eûtfallu un entraînement ininterrompu de plusieurs années, sous la discipline des régents de collège, pour pasticher comme ses contemporains les œuvres des poètes latins, en particulier les mètres lyriques d'Horace, plus difficiles à imiter que les hexamètres suivis ou les distiques élégiaques. Or les leçons irrégulières qu'il avait reçues comme par aventure étaient loin de combler les nombreuses lacunes de son éducation classique. Aussi abandonna-t-il presque tout de suite

1. Cf. ce texte princeps : « Si autrefois sous l'ombre de Gatine | Avons joué quelque chanson Latine, | D'AinarilIe énamouré D (Bl., Il, 394), et les sept dernières strophes de l'ode .4 sa gtiiterre (Ibid., 388 89'.

2. Honsard l'a nommé deux fois avec éloge dans ses Odes (Bl , II, 215 et429). 11 admirait aussi vivement Marulle, Jean Second, Naugerius, Fracastor, tous poètes latins modernes.

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