DE 1,'OEUVRE LYKIOUE DE RONSARD
d'apparition. Nous devons seulement noter que le mariage en question eut lieu à Moulins le 20 octobre 1S48 ; ce qui nous autorise h penser que la composition de l'ode remonte à la lin de cette année-là ; d'autant que c'est une pièce tout à lait de circonstance, que le jeune « Vandomois » dut adresser manuscrite à « son prince », qu'il appelle ailleurs « son seigneur », « son maître », parce qu'Antoine de Bourbon, en qualité de duc de Vendôme, était suzerain des Ronsart de la Possonnière ^
Ces deux premières odes étaient, aussi bien que les deux poèmes en décasyllables à rimes plates qui parurent dans le courant de 13-49, l'Avanlentrée du Roi tiesrhreitifn à Paris et l' Hymne de France -, des essais destinés à éprouver l'opinion. Ronsard, auditeur laborieux de Dorât au Collège de Coqueret, semble avoir eu quelques années une véritable peur du grand public, malgré l'autorité encourageante qu'il avait acquise auprès de son maître et de ses condisciples. Il semble avoir pris à lalettre le NoDum premalur in anniim de l'un de ses auteurs favoris, et s'être décidé difficilement à suivre le conseil qu'il donnait luimême aux autres ^. C'est seulement vers le l^'janvier looO(n. st.) qu'il céda aux instances de ses amis, surtout de Du Rellay, et livra à l'impression le recueil des odes qu'il avait écrites de loil à 1530*.
Le volume parut cliez Guillaume Cavellat, tout récemment installé à Paris, en face du Collège de Cambrai, à l'enseigne do la << Poulie grasse». C'était un petit in-8° entièrement imprimé eu italiques, de lOfT. préliminaires non chiffrés, 170 ff. cliiflrés, comprenant toutes les poésies du recueil, et 2 ff. d'errata. Il avait pour titre : Les Quatre yremiers livres des Odes de Pierre de Ronsard, Vandomois. Ensemble son Bocage. Au-dessus du titre on lisait de Jean Dorât cette inscription flatteuse, « anagrammatisme » à la manière de Lycophron :
sus 0 TÉPHANAPOl nixoo? ô 'PûjvsocpSo; [101 Èvaîcrtjjiov o'jvojjia! xETxai, Su):; vio 0 TioTtavSpoî, Tepi^^iopoiôî it ytii'k\>c, ^.
1. Bl., II, 241. Cf. II, 156, dernier vers de la variante; 248, vers 14 ; V, 318.
2. Le premier de ces poèmes parut chez Gilles Corrozet quelques jours avant l'entrée solennelle d'Henri II dans sa capitale, qui eut lieu le 1(5 juin. Le second parut chez (Cavellat et chez Vascosan vers le \" novembre \Uev. d'Hist. litl , 1902, pp. 42 43 ; 1903, pp. 275-76).
4. Ibid., p. 11, ce passage de l'avis Au lecteur (i Je fu mainlesfois avecques prières admonesté de mes amis faire imprimer ce mien petit labeur, et maintesfois j'ai refusé apreuvant la sentence de mon sententicus Auteur , Nonunique prematur in annum, et mémement solicité par .1 Du Bellai »
5. Il faut lire X^''~'^' '" lyre Celle faute d'impression, reproduite par Cavellat dans la 2'" édition (15531, n'a été relevée ni par .Iules l.c Petit {Hibliurjr. des principales éd. originales, p. 78), ni par Marty-Laveaux (Œuvres de Ronsard, II, p. 473|, qui sont
Enfin, après le nom et l'adresse de l'éditeur, le millésime M.D. L. Les dix feuillets préliminaires contenaient : 1° un avis Au lecteur ; 2° un Avertissement au lecteur; 3° un sonnet de Du Bellay : Comme un torrent qui s'enfle et renouvelle... ; A° un Suraverlissement nu lecteur, qui occupait les feuillets 9 et 10'; o°au verso du f°10,le privilège royal « donné à Fontaine Bleau le disième jour de janvier 1549 », c'est-à-dire 1330, suivant la nouvelle manière de dater adoptée par les libraires et la plupart des humanistes, alors que les actes officiels tels que les privilèges étaient encore datés suivant l'ancien style -.
Voici la liste des Odes de janvier 1350, dans l'ordre où le poète les présentait et avec leur véritable titre. Après le premier vers de chaque ode nous donnons entre parenthèses : 1° la référence à l'édition Blanchemain; 2° la référence à l'édition Marty-Laveaux.