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S. \'oir Du Bellay, Contre hs envieux poêles (2' éd. de l'Olive, fin de 1550) ; Bernard
DE l'oeuvre LYRIQLE DE RONSARD 69
\joulons que Ronsard était doublement glorieux. Dès novembre 1549, Du Bellay lui avait décerné la palme de l'Ode légère et celle de rOde grave '. Dans le courant de l'année suivante il le portait aux nues à la fois comme l'Horace et le Pindare français 2. Ce sont, en efTel, les deux tons qui dominent tour à tour dans les poésies que Ronsard a écrites de loio à looO ; il les distingue lui-même dans la deuxième ode Au Roi ■■'. Mais n'oublions pas que les odes proprement horatiennes figurent en grande majorité dans son recueil. Après avoir cultivé exclusivement le lyrisme simple et tempéré, il s'adonna, nous l'avons vu, au lyrisme sublime, sous l'influence de Dorât. Mais on aurait tort de croire qu'il lui sacrifia son goût primitif et naturel pour les sujets élégiaques et amoureux. A défaut des odes nombreuses inspirées par les charmes d'une nature moyenne, par la mélancolie des choses, par la joie de vivre et d'aimer, les sonnets de sa première édition des Amours, écrits pour une bonne part avant looO, seraient là pour le prouver surabondamment. Ronsard a pu quelque temps, surpris et troublé par l'imagination hardie des Grecs, préférer Findare à Horace ; mais bien loin d'abandonner sa lyre « mignarde », il en fit alterner les sons avec ceux de sa lyre « hautaine » '. Si l'orgueil et l'ambition l'attiraient vers celle-ci, un secret instinct le rappelait à celle-là; et, bien qu'il ait en 1549 parlé dédaigneusement de l'inspiration timorée de son premier modèle latin 5, il ne laissait pas d'y revenir souvent, et d'avouer la même année, peut-être à quelques semaines d'intervalle, le très vif plaisir que lui causait encore
La divine grâce
Des beaus vers d'Horace '' .
11 se lassera même assez vite de son Pindare et ne tardera pas à lui préférer définitivement des poètes plus accessibles, plus imitables, plus voisins de lui et de nous.
du Poey, Odae (Toulouse, 1551), n°2,AdPetrum Ronsardum cf.Lanusse, thésefr., 1893, p. 142 ; Muret, Jiipeni/ia (déc. 1552), ode Ad Peir. lionsardnm ; Maclou de la Haye, Œuvres poi'-l. (1553) ; en 1553 encore, La Peruse (Retyitc d'Hist. lilt., 1905, p. 255), Paschal el Lambin lid., 1906, art. d'H. Potez, p. 497 ; Le Caron, PoMie (1554), etc.