‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 92 sur 509 · Bl., VllI · texte numérisé non relu

Bl., VllI

4. Blanchemain en a publié le texte dans son éd. de Ronsard, t. IV, p. 361. Dupré- Lasale en a donné une rapide analyse, op. cf/.,t. I, p. 166. Cl. Binet nous apprend que Ronsard composa l'Ode à .U. de L'Hospital «en récompense » de cette élégie. \'. mon éd. critique de la l ie de Ronsard, Commentaire, aux mots « en ses Hymnes ». — Quant à J. de .Morel, on ne saurait dire exactement de quelle façon il intervint, mais il intervint, comme le prouvent l'ingénieuse antistr. xxi de l'Ode d ^L de L'Hospital et deux autres passages des œuvres de Ronsard (Bl., I\', 80 ; \', 138) ; notre poète projeta de lui adresser un " hymne des Muses », mais il abandonna son projet, trouvant sans doute que la matière avait été épuisée dans l'Ode à M. de L'Hospital ; en revanche, i! lui dédia l'Hymne du Ciel ilôSôj, puis le recueil de la .Vouy. Contin. des Amours (1556).

ennemi. Or, c'est justement toute la matière de l'ode A Madame Marguerite et de l'ode A Michel de L'Hospilal. Mais tandis que la première contient des allusions très nettes au chef de l'opposition et à sa manœuvre, la deuxième loue le chancelier de la duchesse de Berry d'avoir défait « les soldars de l'Ignorance », sans qu'aucun adversaire soit particulièrement désigné, et d'avoir rendu aux Muses, surtout à celle de Ronsard, l'assurance et la sécurité ^. Ces deux odes, dont la deuxième seule affecte la forme par triades « à la thebaine mode », et dont la première contient une apologie du genre pindarique, ont été publiées simultanément en septembre 1552 ; mais, je le répète, selon toute vraisemblance leur composition remonte à la seconde moitié de 1550. J'ai d'ailleurs la conviction que ftonsard a cessé d'écrire des odes avec strophes, antistrophes et épodes dès la fin de 1530, s'étant rendu compte de la puérilité de cette imitation formelle et cédant à la justesse de certaines remarques amicales. Nous avons vu, en effet, qu'à ce momentlà, pour célébrer la mémoire de Marguerite de Navarre dans un « hymne triomphal », variété d'ode éminemment pindarique, il laissa la triade et se contenta de la strophe uniforme de douze vers, en se donnant des airs d'indépendance à l'égard du Maître grec -.

Restent les n°' 9, 10 et 11.

S'il faut en croire Félix Frank, Robert de la Haye avait été l'un des familiers de Marguerite de Navarre, et c'est à ce titre qu'il aurait collaboré à son Tombeau, par un sizain latin placé au-dessous du portrait de cette reine et un quatrain français qui prouve qu'il avait eu dans François I'^"' et sa sœur des protecteurs dévoués ■'. Cependant, en 1532, il était simple avocat au Parlement de Paris '. Très lié avec L'Hospital et

1. Nous verrons que les poètes niarotiques n'ont pas désarmé tout de suite. La réconciliation avec Saint-Gelais n'eut lieu que le l'"'" janv. 15.^3, et cela, chose curieuse, grâce à L'Hospital et à Morel. Dans le courant de 1553, au moment de la mort de Hugues Salel, Ronsard souiïrail encore des médisances de certains poètes de l'opposition. Cf. Bl., Vil, 269-70 et ci-après, pp. 117 et 118.

Il serait juste d'ajouter D'Avanson aux protecteiu's de Ronsard dès 1550, s'il faut prendre à la lettre la fin du }\arssis, écrit au printemps de 1554 ; Ronsard y rappelle que. longtemps avant que sa barque eut trouvé le bon vent, D'Avanson et L Hospital lui donnèrent courage

A grands coups d'aviron ramer contre l'orage [Bocage de 1554V

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