‹ Roose HimmelChapitre 1 sur 13 · Roose Himmel · texte numérisé non relu

Roose Himmel

C'est déjà une vieille histoire que celle-là ; sa date remonte à plus de vingt ans.

Parmi ceux qui ont survécu au fait que l'on se propose de rapporter ici, peu s'en souviennent et beaucoup en ont ignoré les mystérieux détails. Cependant , si quelqu'un qui

a bonne mémoire et pour qui nulle circonstance de l'événement n'est demeurée secrète, se décide, après vingt ans passés, à dire enfin le dernier mot de cette sorte d'énigme historique, ce n'est pas, qu'on le sache bien, afin de satisfaire la vaine curiosité des oisifs, mais dans l'espoir de réveiller un souvenir, disons mieux , un remords , chez celui-là seul qui n'avait pas le droit d'oublier. Nous taisons son nom, mais on saura son crime.

Le début de notre récit nous reporte à l'un des plus mauvais jours du rigoureux hiver de l'année 1817.

Oh ! ce jour-là , le froid piquait dur ! La neige , chassée au loin par les folles rafales d'un vent âpre et capricieux , allait çà et là fouetter en tourbillonnant les vitres des fenêtres et s'engouffrer tantôt à droite , tantôt à gauche, selon le point de l'horizon d'où la bise soufflait , et partout où elle pouvait trouver une issue.

Par ce mauvais temps que nous disons , le

chez-soi semblait une si douce chose aux moins casaniers, que les rues étroites et tortueuses de la capitale du grand-duché de H.... étaient quasi désertes. Quant aux rares citadins qui se voyaient, par fâcheuse nécessité, contraints de quitter leur bonne place à l'immense poêle de famille , et de sortir d'une température de vingt-cinq degrés au-dessus de zéro, pour se plonger tout à coup dans le bain de froid que leur promettait la rue; quant à ceux-ci on peut supposer qu'ils ne s'amusaient guère, une fois la dernière porte du logis fermée derrière eux , à contempler soit le jeu des enseignes mobiles qui s'entrechoquaient et battaient les murs , soit l'avalanche que précipitait le vent en balayant les toits. Peu curieux de s'hiverner, chacun de ces honnêtes citoyens de l'un des plus importants Etats de la confédération germanique , bien empaqueté dans son manteau, le bonnet abaissé sur les yeux et sur les oreilles , le menton caché dans son collet relevé, les mains

chaudement gantées puis fourrées dans les poches , et ne livrant à la gelée que le bout de son nez, arpentait le chemin à si belles enjambées , qu'il ne laissait pas au frisson le temps de l'atteindre. Si longue qu'elle fût, toute distance était bientôt franchie.

Vraiment c'eût été plaisir que d'observer comme la crainte de l'engourdissement subit faisait des gens pressés de tous les passants , et donnait aux plus indolents comme aux plus actifs une allure également rapide. Mais qui pouvait remarquer cela? Le loisir manquait à l'observation : deux vitesses qui se croisent multiplient leur somme. Or, les plus proches parents, les plus intimes amis ainsi courant , ainsi emmitouflés , se heurtaient sans se reconnaître. Chacun ne pensant qu'à soi , personne ne voyait personne.

Il y aurait eu impardonnable cruauté à laisser grelotter dehors , même un pauvre chien égaré grattant à la porte d'une maison étrangère, afin d'obtenir place au coin du

feu; aussi, excepté les quelques passants dont il est parlé plus haut , on peut dire que nulle créature vivante n'était sans abri dans Graben-Strass, la rue principale de la ville.

Nulle, avons-nous dit ; c'est faire erreur, car elle ne pouvait pas se considérer comme suffisamment abritée contre le froid, la jeune fille qui, depuis longtemps déjà, piétinait dans la sombre allée, ouverte à tous les vents, où elle s'était réfugiée au plus fort de la bourrasque, le cœur gros, les yeux pleins de larmes, et portant sous le bras un léger paquet de voyage.

Jugez de son embarras, partant de son cha grin.

Il y avait deux heures environ qu'elle était descendue de la voiture publique, à l'une des portes de la ville. Rose ïïimmel, c'était le nom de la jeune fille, un peu plus de seize ans son âge; Rose Himmel avait bien pris soin de s'informer, auprès du voiturier, de la route qu'il lui fallait suivre pour arriver le plus

promptement possible au gîte qu'elle venait réclamer à dix lieues de la maison paternelle; mais le conducteur de la patache , beaucoup plus pressé de mener ses chevaux à l'écurie pour, ensuite, aller lui-même se ragaillardir au feu de l'auberge voisine, qu'il n'était désireux d'entrer dans de longs détails sur les nombreux détours que sa voyageuse devait prendre , se contenta de marmotter entre ses dents quelques mots à peine intelligibles , et c'est sur cette vague indication qu'elle s'était aventurée sans guide dans cette vaste cité , labyrinthe inextricable pour elle surtout, qui ne connaissait au monde que la grande rue de son village.

Après qu'elle eut marché quelque temps , la tête en l'air, opposant son souffle à la neige qui lui criblait le visage et la forçait à chaque instant de fermer les yeux de peur d'en être aveuglée, Rose, étonnée de n'aviser nulle part , dans ces longues rues qu'elle parcourait pour la première fois , l'enseigne de son

oncle, maître Dornig le passementier , se décida à interroger les passants sur la demeure du marchand qu'elle cherchait. Mais elle eut beau accoster les gens avec une timidité toute charmante, elle n'en fut pas mieux renseignée pour cela. Comment ceux à qui elle s'adressait auraient-ils pu lui répondre? Aucun d'entre eux ne prenait le temps d'écouter ce qu'elle avait à lui dire. Les plus polis poursuivaient leur route sans faire attention à elle; les autres , mécontents de se voir ainsi retardés dans leur course, adressaient à Rose un regard furieux , et , dans un gros juron jeté à la volée, ils l'envoyaient au diable ; ce qui , soit dit en passant, ne remettait pas la chercheuse d'adresse dans son chemin.

Voyant bien qu'elle n'avait rien à espérer de tous ces empressés insensibles à sa douce voix d'enfant , Rose ïïimmel pensa que la chance lui serait plus favorable et qu'elle trouverait meilleur accueil chez quelque marchand stationnaire dans son comptoir,

ROSE HDD1EL.

qu'auprès des bourgeois , tous si impatients d'arriver là où le froid les poussait. Son espoir soudain ravivé, elle ouvrit sans trop d'hésitation la porte du premier magasin qui se rencontra devant ses yeux et sous sa main, aussitôt qu'elle eut songé à ce moyen d'abréger ses recherches.

— Miséricorde ! quelle chienne de froidure ! dit le marchand saisi tout à coup et à toute place par la bouffée de bise qui entra dans sa boutique en même temps que la jeune fille. Fermez bien vite la porte, ajouta-t-il en s'enfonçant jusqu'aux oreilles dans le collet fourré de sa houppelande, est-ce que vous ne sentez pas que la gelée coupe comme un rasoir ?

Ceci fut dit du ton le plus brusque et le plus maussade par le marchand malencontreusement arraché au doux état de somnolence où le tenait plongé une température de serre chaude. Les yeux demi-ouverts, la mine singulièrement grimaçante, il fit à Rose Himmel un si fâcheux visage , que celle-ci s'en

trouva tout intimidée. Elle demeura sur le pas de la porte, immobile, incertaine, ne sachant plus enfin si elle devait ou non demander au bourru l'adresse de maître Dornig.

— Ah çà ! décidez-vous , continua le marchand , dont la mauvaise humeur croissait avec le frisson ; entrez ou sortez, mais pour Dieu, fermez la porte !

Quoique médiocrement encouragée par ces paroles, la pauvre enfant avait trop grand besoin de se sentir , elle aussi , chaudement abritée dans la maison de son oncle, pour ne pas se hasarder à obtenir les renseignements qui devaient mettre un terme à ses pénibles pérégrinations dans la ville.

La réception n'avait pas été des mieux avenantes , et cependant c'était à une pratique que le frileux boutiquier croyait parler. Ce fut bien pis , ma foi , quand Rose lui ayant exposé le motif de sa visite, il sut que ce n'était pas pour lui demander de la marchandise, mais seulement pour avoir une adresse, qu'on

venait de raréfier ainsi l'atmosphère de son étuve.

— À-t-on vu une pareille effrontée ! s'écria-t-il en s'élançant hors de son comptoir. Qu'est-ce qu'elle vient nous chanter avec son oncle? Attends, mauvaise pratique , je vais t'apprendre à ouvrir les portes par le temps qu'il fait !

C'était à croire vraiment qu'il allait la battre, tant il se précipita vers elle d'un air menaçant. Tout de bon effrayée, Rose s'empressa de sortir de la boutique plus vite qu'elle n'était entrée, et maintenant, n'espérant plus que du hasard la découverte d'une maison que personne ne semblait disposé à lui indiquer, elle continua à parcourir tristement chacune des rues qui s'offraient devant elle. Et, à mesure qu'elle marchait, le froid ainsi que les larmes la gagnaient toujours davantage.

Rose Himmel venait enfin d'entrer dans Graben-Strass , lorsque , surprise par la violente bourrasque, elle fut obligée de chercher

ROSE HDD1EL. 15

un refuge dans l'allée où nous l'avons vue piétinant et soufflant dans ses doigts. L'abri, on le sait, la protégeait à peine, car Rose n'avait pour se garantir de l'impression glaciale d'un dangereux courant d'air , que la porte de la rue , assemblage mal joint de planches vermoulues et d'inégale longueur. Cette sorte de panneau , pour ainsi dire à claire-voie , était abusivement ornée d'abord d'un corps de serrure privé de son pêne, et , plus haut, d'un solide crochet en fer trop court de deux pouces pour pouvoir être fixé dans le piton qui lui présentait, comme par moquerie, son anneau béant. La porte avait été posée dans ses gonds de façon à retomber d'elle-même sur le montant de bois qui lui servait de point d'arrêt, si bien qu'au moindre coup de vent elle exécutait un mouvement continuel de va-et-vient, lequel présentait une égale difficulté à qui voulait ou laisser la porte ouverte ou la maintenir fermée. C'était donc une pénible tâche pour la jeune fille que d'avoir à opposer sans

cesse ses petites forées à la puissance de la tempête qui mugissait dans la rue. Parfois le vent de la cour où aboutissait la sombre allée , lui venait en aide et pesait avec elle sur le panneau tournant comme l'index d'une girouette ; puis , tout à coup , la bourrasque changeait de direction, la porte se rouvrait violemment, et Rose Himmel, de nouveau assaillie , se retirait bien vite en arrière , de peur d'être précipitée contre le mur ou renversée à terre par le batail en mouvement.

Ce violent exercice avait cela de bon qu'en même temps il faisait oublier un peu à la pauvre enfant son profond chagrin, et qu'il entretenait en elle la circulation du sang que l'inaction eût immanquablement arrêtée. Sitôt que le temps semblait vouloir tourner au calme, Rose quittait le fond de l'allée, elle revenait timidement sur le seuil de la porte, elle avançait dans la rue sa gentille petite mine rougie et gonflée par le froid , et , dans

ROSE HJMMEL. lî)

un regard où se peignaient à la fois le désuet l'inquiétude, elle interrogeait à droite et à gauche la double profondeur de Graben- Strass. Mais déjà le jour commençait à tomber, déjà aussi on commençait à éclairer les boutiques du voisinage ; une seule parmi cellesci, pauvre magasin borgne, aveugle serait mieux dit, une seule , située positivement en face de l'allée où se tenait Rose Himmel s'obstina à demeurer plongée dans l'obscurité , longtemps après que celles qui l'entouraient furent complètement illuminées.

Toujours incertaine de son chemin, et plus que jamais émue de crainte , la petite voyageuse allait-elle donc se résigner à passer la nuit dans cette allée , faute de pouvoir trouver quelqu'un d'assez obligeant pour lui enseigner la demeure de son oncle? Rien que d'y penser , c'était à mourir d'avance et de froid et de peur. Encore , si elle avait pu retourner auprès du voiturier à qui ses parents l'avaient confiée la veille , quand elle quitta

son village ! Mais, hélas ! aussi ignorante de son point de départ que du terme de ses recherches , il ne lui était pas plus facile maintenant de retrouver toute seule le bureau de la voiture publique , que de se rendre sans guide chez maître Dornig le passementier. Ainsi, à quelque parti qu'elle eût voulu s'arrêter, il y avait de toute part, pour Rose Himmel, même embarras, même obstacle.

Elle en était aux regrets d'avoir perdu courage pour quelques rebuffades ; et, fatiguant ses yeux , afin de rassurer son cœur, elle interrogeait de loin, à travers leur vitrage, l'intérieur des magasins qui l'environnaient, dans l'espoir d'y découvrir un visage plus gracieux que ceux qu'elle avait entrevus jusqu'à ce moment. Enfin , à tout hasard , elle allait se risquer de nouveau à prendre des informations de porte en porte , jusqu'à ce qu'elle eût trouvé celle de son oncle ; déjà même elle descendait le pas de l'allée quand une petite fille de sept à huit ans, qui revenait de

J'école, toute saisie aussi par la gelée, cachant ses mains endolories sous son tablier de toile bleue, claquant des dents et battant du sabot sur la glace pour se désengourdir , vint , tête baissée, se jeter étourdiment dans les jambes de Rose.

— Eh ! bon Dieu ! petite, dit celle-ci en se hâtant de retenir l'enfant, tu te seras fait mal, sans doute?

— Mal? repartit l'autre en écarquillant ses beaux yeux bleus qui lui piquaient fort, et cherchant à reconnaître la jeune fille qui lui parlait, non, vraiment, je ne me suis pas fait mal ; mais tu m'as fait peur. Puis tout aussitôt l'écolière , pressée de rentrer chez elle , continua en se dirigeant vers un escalier noir, percé à mi-chemin de l'allée : Voyons , laisse-moi passer bien vite ; grand'mère m'attend, elle a bon feu , et j'ai grand besoin de me chauffer.

Rose allait se ranger de côté pour lui livrer passage quand elle se ravisa. Alors , arrêtant

Fécolièrepar le bras, elle lui dit avec un soupir qui appelait la compassion :

— Sais-tu que j'ai bien froid aussi , moi ?

— Pardieu, je crois bien, de ce temps-là il ne fait pas bon être dehors, répliqua l'enfant; mais pourquoi restes-tu sur notre porte? Fais comme moi , va te chauffer à ta maison.

— Hélas ! je ne sais pas où elle est, cette maison ; j'ai beau la demander à tout le monde, personne ne veut me répondre, et je vois bien qu'il me faudra mourir de froid dans la rue.

La petite fille regarda fixement Rose Himmel , comme si elle n'eût pas compris qu'on pouvait être seule et sans appui dans ce monde. Un moment elle parut réfléchir; bientôt après, elle reprit avec une naïveté toute charmante et de l'air le mieux invitant :

— Puisque c'est comme ça , viens chez nous, nous aurons chaud ensemble.

ROSE HDIilEL. 19

Rose eut un sourire de joie ; mais il ne fit que glisser sur ses lèvres et illuminer un instant son regard.

— Chez toi? dit-elle. Mais si ta grand'mère allait faire comme tous ceux à qui je me suis adressée aujourd'hui, si elle ne voulait, elle aussi, ni me recevoir ni m'entendre?

— Ah ! bien ouiche ! fit la petite, ne mettant pas en doute la réception qui attendait sa protégée. Elle avait pris Rose par la main et elle se disposait à l'entraîner vers l'escalier noir ; mais voyant que celle-ci hésitait encore à la suivre malgré ses assurances de bon accueil, elle lui quitta la main et dit pour la rassurer complètement :

— Puisque tu as peur de ne pas être bien reçue , je monterai la première , je dirai à grand'mère que tu es là, que tu as froid, et je suis bien sûre qu'elle va m'envoyer te chercher tout de suite ; attends un peu ici, je t'appellerai.

L'aimable enfant partit, et c'est avec le plus

doux espoir au cœur que Rose entendit résonner ses petits sabots sur les marches de l'escalier. Quelques secondes se passèrent au bout desquelles le bruit qui s'était perdu peu à peu dans les montées se fit entendre de nouveau. Rien ne se peut comparer au sentiment de bien-être que la jeune voyageuse ressentit en cet instant. Enfin elle allait donc voir cesser ce long supplice du froid qui avait bleui ses joues et fendillé si profondément ses lèvres, ainsi que ses mains gonflées, que le sang s'y faisait jour par mille gerçures. Rose, persuadée que la gentille écolière ne redescendait si précipitamment qu'afin de la venir chercher, s'élança au-devant de sa protectrice en s'écriant :

— Me voilà !

— Et moi aussi , me voilà , répondit l'enfant , mais d'un ton chagrin ; ce n'est pas la peine de te presser pour monter chez nous , ajouta-t-elle.

— J'entends , dit Rose en jetant vers l'es-

ROSE IIMMEL. 21

calier un regard désespéré ; ta grand'mère aussi refuse de me recevoir.

— Au contraire, si elle te savait là, elle ne demanderait pas mieux que de te dire : Viens, mais, par malheur, elle est sortie; il n'y a personne chez nous , et je suis moi-même à la porte.

Cette dernière espérance trompée sillonna de deux larmes brûlantes le visage glacé de Rose HimmeL

— Il ne faut pas te chagriner pour ça, dit Técolière ; grand'mère ne reste jamais bien longtemps dehors , surtout quand il faut qu'elle sorte juste à l'heure où je reviens de l'école. Attends là, et dès qu'elle sera arrivée tu viendras me chercher.

En parlant de la sorte, la petite sauta prestement le pas de l'allée.

— Où vas-tu donc? demanda Rose.

— Eh mais ! où je vais toujours quand il fait froid et que je ne trouve pas en rentrant grand'mère à la maison. Tiens, vois-tu? c'est

là, en face, poursuivit-elle en lui désignant du doigt cette boutique si longtemps privée de lumière quand toutes les autres resplendissaient de clarté , mais où Ton voyait poindre maintenant , seulement au plus profond du logis, une lueur terne et triste comme celle d'une veilleuse de nuit. Tu lui diras , ajouta l'enfant en se dirigeant de l'autre côté de la rue, que je suis à me chauffer chez notre voisin, maître Dornig. Et elle partit.

A ce nom, Rose Himmel demeura un moment stupéfiée de surprise. Ainsi la Providence l'avait bien guidée ; c'était devant cette maison, tant désirée, inutilement demandée à chacun , devant cette maison où elle était attendue , que la jeune voyageuse avait enduré un si cruel martyre. On avait nommé Dornig, maître Dornig le passementier, sans doute. Et pouvait-il y en avoir un autre ?

Rose savait maintenant où trouver un abri, et elle était encore sous la porte de l'allée , s'interrogeant , hésitant , n'osant croire à ce

coup merveilleux de la fortune. Cependant , revenue du premier effet de l'étonnement , et se familiarisant bientôt avec l'idée de son bonheur, elle ramassa son petit paquet de voyage, répéta le nom de son oncle dans un cri de joie , et se précipita comme une folle sur les pas de la petite écolière.

Page 1