APPENDICES
Liste inédite ^'^ des financiers accusés de malversation et qui furent compris dans V accord dit « traité sur le RÈGLEMENT DES TAXES , » lequel clôtura l'existence de la Chambre de justice.
Malgré la célérité mise en jeu par les commissaires de la Chambre pour avancer les jugements contre les financiers accusés de prévarications, le nombre de ceux-ci au lieu de diminuer semblait s'accroître chaque jour, et on pouvait craindre que la Chambre de justice ne cesserait plus ses fonctions. C'est que, nous dit M. Lair ^^ « Colbert, des quatre coins du royaume, par une tempête de confiscations qui soufflait sans relâches grâce à ses agents intéressés, découvrait sans cesse de nouveaux coupables. »
Nous avons au commencement de notre travail, parlé de Tinquiétude et de l'agitation que ces poursuites et confiscations, qui duraient depuis six ans, entretenaient dans plusieurs provinces, du marasme et de l'arrêt même qu'elles avaient occasionné dans les affaires : les intendants avaient fini par s'en faire l'écho auprès du Roi. La Cour convint
(i) Ou tout au moins bien peu répandue et restée manuscrite, vient d'affirmer M. Lair dans une réponse que M. Tamizey de Larroque avait sollicitée de lui sur notre demande.
(2) Tome 2, p. 425.
alors quo les poursuites seraient considérées comme terminées et que d'autre part, en présence du grand nombre de financiers qui restaient à juger, une sorte d'accord interviendrait entre la Chambre de justice et eux. Cet accord prit le nom de traité sur le règlement des taxes ; c'était l'acceptation d'une cote mal taillée, nous disent les auteurs du temps, qui au moyen d'un simple arrêt et sur l'examen des dossiers des accusés fixait l'amende que ceux-ci auraient à rembourser au trésor.
Nous avons retrouvé les noms des financiers qui acceptèrent cette combinaison, noms suivis des chiffres des amendes infligées ; ces amendes devaient être payées partie au comptant, partie à terme, partie enfin en billets, en litres ou en bons à effet ; elles atteignirent le chiffre, énorme pour l'époque, de près de cent millions, et elles le dépassèrent de beaucoup si on lient compte des condamnations antérieures au traité en question.
Quoique fort éloigné de notre sujet, puisque même lorsque ce traité eut lieu Roquesante n'était plus à la Chambre de justice, nous avons pensé, avec quelques-uns de nos amis, que cette longue nomenclature de tous ces financiers de l'époque, accompagnée des condamnations imposées à chacun pourrait offrir un certain intérêt au lecteur, d'autant, disions-nous, que ces listes n'ont pas été republiées de nos jours ; les auteurs qui ont écrit sur la Chambre de justice semblent même les avoir ignoré ou tout au moins n'y ont pas attaché l'importance de curiosité qu'elles méritent à notre avis.