‹ Rosa Bonheur, sa vie, son œuvreChapitre 27 sur 53 · CERF COUCHE, EN FORÊT · texte numérisé non relu

CERF COUCHE, EN FORÊT

Peinture. Atelier Rosa Bonheur.

in terra gigmintur, ad usiim hominum omnia creata sunt » (De Officiis).

Pline avait dit de même que la nature a produit tous ses

autres ouvrages pour l'homme. « Cujus (hominis) causa

l'idetur cuncta alia genuissc natura. » Dans son Essai de l'homme^ Pope a réfuté longuement ces affirmations.

Mais pourquoi multiplier les citations, quand il y a aujourd'hui des faits acquis. A des degrés différents, les animaux ont la

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ROSA BONHKliR

délicatesse des sens, rimagination. la mémoire, l'industrie et le raisonnement, la prévoyance et la rcllexion. certaines perceptions

Peinture. Atelier Rosa Bonlieur.

scientifiques, un amour sociable, un sentiment de justice, de clémence et de charité, de la fierté et de la magnanimité, de la tendresse et du dévouement, de la sympathie et des antipathies,

delà reconnaissance et de la ridélité: des exemples innombrables ont été notés à travers les siècles et l'intérêt que certains savants prennent à chercher les lois qui régissent le langage des bêtes dit assez qu'on ne saurait plus voir en elles les automates de la doctrine cartésienne. Mais il faut admettre que l'àme des bêtes peut être plus ou moins développée, comme on voit l'àme humaine à l'état rudimentaire chez certaines peuplades sauvages non touchées encore par l'effort des civilisations.

De là, que conclure ? C'est que, dans l'expression des bêtes, il faut tenir compte de la mesure d'àme que la nature leur a départie, mesure plus ou moins sensible, suivant que la bête est en état d'action ou en état passif. C'est ce que Rosa Bonheur a parfaitement marqué dans son œuvre. Dans l'étude infinie qu'elle avait faite de l'animal, elle était arrivée à cette conviction, que l'expression doit traduire une àme, et. comme elle avait l'intelligence des races et des types que son pinceau représentait, elle sut, avec un tact d'une extraordinaire précision, donner aux bêtes le regard et l'intensité psychique qui leur étaient propres. Elle n'exagère pas l'abrutissement des bêtes que la convention ambiante déclare abruties, pas plus qu'elle n'avive l'intelligence de celles auxquelles la même tradition reconnaît de l'intelligence. Elle prend les animaux dans le milieu où ils vivent, dans le cadre où leur forme s'harmonise, en un mot dans les conditions essentielles de leur évolution, et elle note avec une inflexible sincérité ce que la nature lui met sous les yeux et ce que son étude patiente lui a permis de comprendre. C'est à ce titre tout spécialement, entre bien d'autres, que l'œuvre de Rosa Bonheur mérite de vivre, et que l'éminente artiste apparaît comme un des peintres animaliers les plus complets dont s'honore l'histoire de notre art national.

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Il nous faut remonter à quelques années en arrière, et parler d'une occupation qui tut particuliciement chère à Rosa Bonheur.

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