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LION RUGISSANT

Par Rosa Bonheur.

mon décès s'élèveraient à près de 12 °/0 de la valeur de mes biens immeubles. Si, au contraire, je vous fais une donation entre vifs, la

somme sera minime le ne serai tranquille que lorsque vous aurez

légalement pris possession du domaine de la Parfaite Amitié.

— Pourquoi penser à tout cela? répliquai-je, n’avez-vous pas des préoccupations plus pressantes? Voici que la nouvelle construction est terminée, sauf les volets qui demain seront en place. Dans quelques jours, vous commencerez l'aménagement de votre Foitlaison

— Anna, fit-elle avec un peu d'impatience, asseyez-vous auprès de moi, ce que j’ai à vous dire est plus important, et il est utile que ce soit entendu entre nous, car je désire vous tracer une fois pour toutes votre devoir qui est très sérieux. Je compte en effet sur votre dévouement et votre intelligence pour exécuter les volontés que je n'ai pas spécifiées dans mon testament. Ecoutez-moi bien.

Je regrette de n’avoir pas une plus grosse fortune, car je serais heureuse de léguer une somme importante à la Société des Artistes français; du moins puis-je contribuer à accroître les collections du musée du Luxembourg de la manière que vous me disiez hier : dans quelques jours, nous choisirons ensemble une série d’études que vous remettrez au musée après ma mort.

J'ai promis verbalement à ma cousine, Mme Lagrolet, la petite

étude terminée de la Foulaison ; vous aurez soin de la lui remettre. A sa petite fille Germaine, vous donnerez dix mille francs et à celle de mes amis Verdier cinq mille.

le laisse à Céline 800 francs de rente viagère, mais je veux que

vous y ajoutiez 400 francs, car je désire qu'elle associe nos deux noms dans un même élan de gratitude.

Donnez des souvenirs à ceux qui m’ont porté de l’affection

Faites du bien en mon nom dans ce pays, où j'ai été si heureuse avec ma Nathalie. Quant à mon frère, mes neveux et mes nièces, je vous laisse libre, et ne veux vous créer aucune obligation.

— Quelle responsabilité vous m'imposez ! m’écriai-je. Pourquoi ne me guidez-vous pas dans une misssion si importante ?

— Votre guide, Anna, ce sera l'attitude des miens. J'ai confiance dans votre loyauté, je sais que vous ferez plus que je n’aurais fait pour eux, mais promettez-moi qu'en aucun cas vous ne laisserez ma famille vivre ici, que rien ne leur reviendra de ce qui appartenait à mes chers amis Micas ?

— Quel rôle difficile vous me confiez !

— C'est vrai, mon Anna, mais c’est le beau rôle. Peut-être vous

üi-jc entraînée dans une position bien complexe. Je m'aperçois en effet que, de même que ma famille, mes amis ne sont pas satisfaits de vous voir auprès de moi. Mais faut— il , a cause deux, renoncer à l'adoucissement de mes dernières années? Ne vous inquiétez de rien. Le jour

de ma mort, vous remettrez entre les mains de MeTollu la lettre testamcntaite que je \ ous ai confiée toute cachetée au mois de novembre

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