‹ Rosa Bonheur; sa vie, son œuvreChapitre 199 sur 220 · ÉLEVÉ I'AR M. GAMBART, A FONTAINEBLEAU · texte numérisé non relu

ÉLEVÉ I'AR M. GAMBART, A FONTAINEBLEAU

La partie sculpturale est due à MM. I. Bonheur et H. Peyrol; la partie architecturale à M. A. Jacob.

t. Décision du conseil municipal de Thomery du n juin 1908.

2. Sur l’intervention de M. Reuss, inspecteur des Eaux et Forêts, le nom de Rosa Bonheur a été donné à une route située dans le canton de la plaine du Rozoir, partant de la route de Veneux à Montigny, pour aboutir à la route de Zamet. (Décision du 10 mars 1903.)

KOSA BONHEUR

Bonheur et donner 1 assurance qu'avant longtemps la cité bordelaise

qui récemment avait donné le nom de l'artiste à l'une de ses rues

saurait, elle aussi, glorifier par le marbre une des femmes les plus illustres qui

soient nées dans ses murs.

Si , jusqu’à présent, Bordeaux n'a rien fait pour réaliser cette promesse,

Paris s'est montré plus prompt à glorifier celle qui, toute jeune fille, avait fait son apprentissage artistique dans ses musées, et cueilli ses premiers lauriers dans les ateliers de la rue de l'Ouest et de la rue d’Assas.

Le quartier récemment construit à l'emplacement des abattoirs de Grenelle possède une rue Rosa - Bonheur , et dans son carrefour central s’élève un monument dont l'une des quatre faces — dédiées toutes à des personnalités du xixe siècle — présente en un médaillon de marbre le profil plus grand que nature de la célèbre femme; il est dû au ciseau de M. G. Loiseau- Bailly. Ce n'est pas du reste la première fois que les traits de Rosa Bonheur ont tenté la main d'un sculpteur depuis l'érection du monument de Fontainebleau. Les visiteurs du Salon de 1902 n’ont-ils pas

STATUE DE ROSA BONHEUR, PAR GASTON LEROUX (Salon des Artistes français, 1902. — Musée de Bordeaux.)

admiré, dans la vaste salle du Grand Palais, la statue de grandeur naturelle qu’un Bordelais. M. Gaston Leroux, avait dressée de Posa Bonheur, comme une superbe invite à ses compatriotes, invite écoutée du reste, puisque cette statue fut acquise en igo3 par la ville de Bordeaux pour son musée. La bonne artiste était représentée assise, tenant palette et pinceaux, dans une pose à la fois noble et familière qui certainement lui eût agréé.

Sans doute, les éloges des académies, les suffrages de la presse, les effigies peintes ou sculptées, les hautains monuments, sont fort propres à soutenir devant la postérité la réputation d’un personnage éminent ; il n’est pas rare cependant que les variations de la mode et du goût, avec le recul du temps, n’atfaiblissent bien vite le rayonnement prestigieux qui semblait entourer son nom. C’est mon espoir et ma conviction que Rosa Bonheur échappera à un sort trop fréquent. Mieux que ne pourraient le faire aujourd'hui les propos les plus louangeurs et les monuments les plus imposants, son œuvre défendra sa mémoire. Ses productions artistiques se comptent par milliers; elles sont répandues sur tous les continents; les musées les plus fiers de leurs chefs-d’œuvre se sont ouverts devant elles, et il n’est point de grande collection privée d’Europe et d’Amérique qui ne s’enorgueillisse de posséder quelque œuvre de son pinceau ? Comment l’oubli pourrait-il se faire sur son nom, quand il n’est aucun de ces ouvrages qui ne dise tout autant l’habileté et la science technique de sa main, que son amour de la nature, son amitié pour les animaux qu’elle mit en scène, et son intelligence, sa compréhension merveilleuse de ce qu’elle appelait leur âme.

CROQUIS d’album, PAR ROSA BONHEUR.

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