‹ Rosa Bonheur; sa vie, son œuvreChapitre 22 sur 220 · LUS B (EU K S DANS LES HIGHLANDS · texte numérisé non relu

LUS B (EU K S DANS LES HIGHLANDS

Croquis fait de mémoire par Rusa Bonheur, d’après son tableau.

cours de leurs visites dans les ateliers d'artistes. Je lui avais autrefois parlé de M. Thévenot ; elle voulut que nous l'allions voir ensemble, proposition acceptée avec joie, l'on n'en saurait douter. M,ue Thaw lui acheta un charmant pastel ; quant à moi, et je ne manquai pas de lui dire, tandis que nous examinions ses œuvres, que j'étais venue de Boston à Paris tout exprès pour devenir son élève, et que mon désappointement avait été grand d’apprendre qu'il ne donnait pas de leçons particulières.

M. Thévenot ne dit rien qui pût me donner quelque espoir. Peu de jours après, cependant, il me lit savoir qu’étant libre pendant la durée du Salon, il consentait à me donner, à partir du commencement de mai, des leçons pendant trois mois.

J'étais au comble de nies vœux. Devenir l'élève de M. Thévenot, travailler avec Kosa Bonheur, n'était-ce pas le meilleur achèvement de mes études artistiques parisiennes. Tout cela, je le devais à l'amitié de l'excellente Mmc Thaw, qui était pour moi, décidément, une véritable fée bienfaisante. C'était trop beau. A peine mes dispositions étaientelles prises avec M. Thévenot, qu'il me vint une lettre de By. Kosa Bonheur m'annonçait avoir trouvé, à deux pas de chez, elle, la chambre et la pension rêvées pour moi : elle comptait que j'irais la rejoindre dès le commencement de mai. N'était-ce pas jouer de malheur : être contrainte de faire choix entre deux projets qui l'un et l'autre m'avaient tant réjouie. Malgré mon regret de causer quelque désappointement à Kosa Bonheur, je {iris le parti de rester à Paris pour y recevoir des leçons qui, pensais-je, me devaient être d'une plus immédiate utilité dans la carrière de portraitiste que les conseils d'un peintre d'animaux, quelque prix que j'y attachasse. Kosa Bonheur ne me blâma pas, du reste, de ma résolution, et ne cessa pour cela de m’engager à aller prendre auprès d'elle des conseils qu elle eût été heureuse de me donner. Hélas ! c’est à peine si je pus, quelques rares fois dans le cours de l’été, me rendre à de si aimables instances; la vieille artiste se montrait, à chacune de ces entrevues, bonne et affectueuse comme toujours; mais la visite au cours de laquelle je lui lis mes adieux avant mon départ pour Boston m'a laissé des souvenirs tout particuliers.

Kosa Bonheur avait amené la conversation sur les Indiens d'Amérique, pour me montrer bientôt toute une série de photographies de Peaux-Kouges. Les photographies examinées, elle ouvrit un grand volume rempli de planches gravées représentant aussi des Indiens.

— C’est l'ouvrage de Catlin, dit-elle, un de vos compatriotes qui a passé sa vie, je crois, parmi les tribus de l'Ouest : c'est leur grand peintre. Examinez avec soin. Quel magnifique parti il a su tirer du spectacle qu'il avait sous les yeux. J'ai fait un peu comme lui, grâce à ce brave colonel Cody, lors des représentations qu’il a données à Paris pendant la dernière Exposition. Les Tedesco avaient bien voulu intervenir pour me faciliter l'accès du campement indien, et Butfalo-Bill s'est montré pour moi d’une prévenance parfaite. C'est de la meilleure grâce qu'il m'a autorisée à travailler tous les jours au milieu de ses Peaux-Rouges. J'ai ainsi pu examiner leurs tentes tout à mon aise ; j'ai assisté aux scènes familières de leur vie. J'ai conversé du mieux que j'ai pu avec les guerriers, leurs femmes, leurs enfants. J'ai fait des études de leurs bisons, de leurs chevaux, de leurs armes, qui m’ont intéressée prodigieusement, aussi M. Knoedler m’a-t-il causé un vil

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