‹ Rosa Bonheur; sa vie, son œuvreChapitre 26 sur 220 · LA CHASSE AUX BISONS, PAR ROSA BONHEUR · texte numérisé non relu

LA CHASSE AUX BISONS, PAR ROSA BONHEUR

lations et ses moutonnements de terrain, sans autres aspérités devant les yeux que les larges touffes de cette plante dont en cet instant je poursuivais la conquête comme si c’eût été la Toison d'or. Soudain, le train s'arrête. On croit à quelque accident; en une seconde, des centaines de têtes curieuses se montrent aux fenêtres. Je descends de wagon sans perdre de temps; deux obligeants compagnons de voyage, dont je suis connue et qui m’ont offert leur aide, descendent aussi pour prendre part à cette moisson d’un genre imprévu. Mais voici qu’une exclamation leur échappe au moment où ils s’avisent de saisir un pied pour le déraciner. Le Sage-bntsh a des armes pour se défendre; sa tige est garnie d'aiguillons dont la piqûre est douloureuse. Il faut renoncera l obtenir de cette

façon. Alors, de leurs couteaux, mes amis se mettent à creuser autour de chaque pied ; c’est à ce prix qu’ils parviennent à arracher les racines avec la terre qui les entoure. L'opération est un peu longue, et sans doute les voyageurs dont le train est rempli éprouveraient très vite quelque impatience s’ils devaient demeurer dans leur maison roulante. Mais voici qu’ils descendent. Les uns, un peu intrigués, nous entourent ; d’autres se mettent à poursuivre des chiens de prairie et des coqs de bruyère. Nous avons tout le temps d’achever la besogne. Tandis que mes amis travaillent, si j’employais ce temps à noter à l’aquarelle l’aspect de cette terre vierge ? J’ouvre ma boite à couleurs et me dispose à peindre. C’est trop de malchance : mes pinceaux ne se retrouvent plus. Je coupe

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