‹ Rosa Bonheur; sa vie, son œuvreChapitre 91 sur 220 · BŒUFS ET TAUREAU ( R A C E DU CANTAL · texte numérisé non relu

BŒUFS ET TAUREAU ( R A C E DU CANTAL

(Salon de 1848, médaille de iro classe.)

des finances, on me paya un premier acompte de i.5oo francs, il me sembla être aux anges. Mes trois billets de banque firent à la maison une entrée triomphale. Jamais 1 on n en avait vu autant à la lois.

Je résolus de peindre un attelage de trois paires de bœuls et, en me mettant à l'œuvre, j'avais bien aussi 1 arrière-pensée de célébrer au moyen de mon pinceau l art de tracer les sillons d’où sort le pain qui nourrit l’humanité tout entière.

Mais il me fallait travailler d’après nature, et, pour cela, m’éloigner de Paris. Sur l’invitation qui m'en fut faite, j’allai passer 1 hiver de 1848 dans la famille d’un ami de mon père, M. Mathieu, qui était un sculp- 1. 19 septembre 1848.

teur distingué et qui, alors, donnait des leçons au château de la Cave, dans la Nièvre. Nathalie m'avait accompagnée, et sa présence, comme ses encouragements, me furent utiles pour mon travail. Je fis ce tableau avec une rapidité étonnante, car je tenais à ce qu'il fût achevé pour le Salon de 1849.

Hélas ! je ne peux me défendre d’un serrement de cœur, toutes les fois que je pense à mon Labourage nivernais. C’est pourtant cette toile

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