‹ Rosa Bonheur; sa vie, son œuvreChapitre 95 sur 220 · ÉTUDE DE TAUREAU · texte numérisé non relu

ÉTUDE DE TAUREAU

Dessin de Rosa Bonheur.

Jacques, deux femmes supérieures que l’Europe nous envie, deux peintres sérieux et convaincus dont la France aura le droit de se glorifier, — deux génies frères.

Ainsi que l’écrivait avec raison le critique de l'Artiste , les talents respectifs de Rosa Bonheur et de George Sand n'étaient pas sans parenté, et beaucoup même ont cru voir, dans celles des pages de la Mare au Diable (1846), où les travaux des champs sont décrits en termes pleins de poésie, de sentiment et de couleur, la source où Rosa Bonheur s’est inspirée avant de peindre son Labourage. La chose est possible, sans pourtant

qu'il en reste aucune preuve positive. N’est-il pas permis de supposer cependant qu’un même sentiment, l’amour de la nature, exalté un peu à l’époque par toute la littérature romantique issue de Rousseau, a provoqué dans des genres différents une interprétation analogue de cet acte aussi commun qu'il est sublime, le labourage d'un champ.

Dans un ouvrage plus récent que les précédents, les Chefs-d’œuvre d’art au Luxembourg' , M. Adrien Dézamy a consacré un sonnet au Labourage nivernais :

Labourage Nivernais.

Six grands bœufs nivernais, six grands bœufs blancs et roux, Labourant un coteau, par un matin d’automne,

Traînent une charrue inerte qui festonne Et rampe, avec un bruit de ferraille et de clous.

Tandis que sur leur dos, son aiguillon de houx.

Voltige pour hâter leur marche monotone,

D’une voix de fausset, le conducteur entonne Quelque vieille chanson au refrain lent et doux.

Le soc ouvre les flancs de la terre féconde...

Aux trilles des oiseaux s’envolant à la ronde Par un long beuglement l’attelage répond.

Le soleil resplendit sur la campagne en fête :

Et devant ce tableau si vivant ie m’arrête Et fredonne un refrain du vieux Pierre Dupont.]

i. Les Chefs-d’œuvre d'art au Luxembourg. Rosa Bonheur. Paris, Baschet, 1880. In-P.

CROQUIS D ALBUM, PAR ROSA BONHEUR

BOl'RRIQUAIRES TRAVERSANT LES PYRÉNÉES ( I 8 5"), PAR ROSA EONHEER. D'après une gravure de Ch. G. Lewis, éditée par Lefèvre et fils, à Londres.

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