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Rosa Ferrucci sa vie et ses lettres publiees

la pudeur et la miséricorde, si ce ll’cst dans l'âme éclairée i Clément d’Alexandrie.

Le nom de Mademoiselle Fervucci n'a plus besoin qu'on le révèle : en France aussi bien qu’en Italie, il est entouré d’un pieux et légitime respect.

M. Oÿanam fut des premiers , parmi nous, à connaître la sainte enfant. Il la rcncôïïïi'a en 1 8 5 3 dans sa famille, tout près de cette bibliothèque de soixante mille volumes qu’il aimait tant et dont M. Ferrucci, au nom de la ville de Pise, lui faisait gracieusement les honneurs. Il la vil ensuite, et plus à loisir, sur les

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bords de la Méditerranée , dans un riant village appelé l Antignano i), où il passa ses derniers beaux jours, et où, déjà aux portes de la mort, mais toujours plein de jeunesse, il mit la dernière main aux pages charmantes qu’il avait pieusement intitulées : Pèlerinage au pays du Cid. Mademoiselle Ferrucci entrait alors à peine dans la vie : elle n’avait guère que sei\e à dix-sept ans, mais déjà il était facile de pressentir tout ce qu’elle deviendrait bientôt ; et on assure que l'illustre malade chercha plus d’une fois auprès d ’elle ce rayon de paix et d ’espérance, si doux à ceux qui s'en vont, et qui émane si naturellement d’une aine pure.

Quatre ans après, à la Jin de i856, un ami d’0\anam, le regrettable abbé Perreyve , était à son tour conduit auprès d’elle. Elle avait bien grandi. Les années de la jeunesse, ces années qui viennent et qui apportent, comme disait Horace, multa ferunt anni reniantes,//» avaient, en effet, beaucoup apporté. Une étude sérieuse

(t) « Nous allons, comme le beau monde de Florence, de Sienne, de Livourne, passer juillet et août, ail’ Antignano , joli village au pied du Montenero : j’aurai l’aimable société du professeur Ferrucci. « (Lettres d’Ofanam , IF vol., p. 5o8 J

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de la littérature lui avait révélé la plus grande partie des trésors de l'âme humaine. Elle avait , par l'histoire, pris possession du mondé et entrevu quelque chose des secrets de la Providence , mère des hommes. Un amour heureux et sanctifié par la religion était venu remplir son âme, et y répandait la joie avec l’espérance. Sa vie, comme une source qui monte, se trahissait de tous côtés, malgré les sévères précautions d’une humilité attentive. Toutes ces qualités exquises devaient vivement frapper l'abbé Perreyve sensible comme il était à la beauté morale. Il en garda une impression profonde, et, quelques mois après, lorsqu’il apprit qu’une mort impitoyable venait de trancher subitement cette existence en Jleur, on eût pu croire qu'il était frappé lui-même.

Il accourut de Rome où il était allé , mêla ses pleurs et son deuil au deuil et aux pleurs d'une famille désolée; puis, se souvenant qu il n’y a point d'interruption dans la vie des saints et que leur tombe est un berceau où ils trouvent une nouvelle jeunesse et une beauté désormais incorruptible , il releva son âme et ne craignit pas de parler, à des cœurs dignes de l'entendre, non-seulement de résignation, mais encore

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de consolations et de joies austères et saintes. Il ne s’en tint pas là. Il s’unit au Cardinal-Archevêque de Pise, pour décider Madame Ferrucci à tromper sa douleur et à combler le vide de son âme en écrivant la vie de son enfant.

Puis, à son retour en France, quand cette mère vraiment forte lui eut envoyé le livre qu'il avait demandé, lui-même se mit à l’œuvre ; et, moitié traduisant , moitié parlant en son nom propre, il écrivit dans le Correspondant (1) quelques pages qui furent bien accueillies et qui demeureront parmi les plus sincèrement émues qui soient sorties de sa plume.

Depuis lors la jeune Italienne fut, en partie du moins, connue parmi nous. Elle fut du même coup admirée et aimée. L’abbé Perreyve, obligé de se borner, avait surtout raconté sa vie de fancée. Grande et solennelle époque pour une jeune file ! Ces années de douce sécurité qui s’en vont, un avenir profond et incertain qui s’approche, les sentiments encore inconnus qui s’éveillent, les tendresses, les dévouements, les fortes vertus qui seront bientôt nécessaires, tout saisit, étonne et agite ces jeunes antes plus na-

(i) Juin, i858.

INTRODt’CTION.

turellement sérieuses qu’on ne croit d’ordinaire. Il est rare que les plus vulgaires ne rencontrent pas alors quelque grandeur et n’éprouvent pas le besoin de chercher en haut leur confiance et leur force. Pour Mademoiselle Ferrucci, préparée par une admirable éducation, elle montra vraiment tout ce qu un amour chrétien peut opérer dans une âme pure. « A travers le voile de ses aurores joyeuses , nous dit M. Perreyve avec autant de vérité que de gi'âce , elle fixait du regard le soleil divin de l’éternelle beauté. Son bonheur embellissait la terre, et la terre embellie lui rappelait aussitôt le ciel. Son amour mettait sur ses lèvres le commencement d’un chant, J7iais le chant devenait cantique et s’achevait pour Dieu. » Ajoute ç que son biographe semblait merveilleusement préparé à la comprendre. Jeune diacre alors, et se préparant aux obligations comme aux grandeurs du sacerdoce, il semblait conduit, par le cours meme de ses pensées, à glorifier le Christianisme « d’avoir si bien dirigé le cœur de l’homme, qu 'il en a fait ce cœur à la fois si virginal et si fort, capable d’aimer plus et mieux que jamais tout ce qu’il faut aimer sur la terre , et capable à la fois de l'aimer toujours moins que

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Dieu . « Malade lui-même, et déjà atteint de la terrible affection qui devait nous le ravir , il avait une grâce touchante à parler « de la mystérieuse fraternité de l'amour et de la mort, » qu’on retrouve au fond de toute poésie et que Dieu a si souvent associée, en effet , dans la vie et dans l'histoire :

« Fratelli, a un tempo stesso Amore e Morte « Ingenero la sorte (i). »

Je le répète , ces pages trop courtes furent lues avec avidité. C’est à elles qu’il faut attribuer toutes les sympathies qui, en France, se sont dès à présent attachées à la mémoire de Mademoiselle Ferrucci.

J’ai cru qu’en traduisant entièrement l’œuvre de sa mère, on rendrait ces sympathies plus nombreuses et plus vives. Les fiançailles de Mademoiselle Ferrucci se détachent sans doute comme un épisode plein de fraîcheur ; elles ne la font pourtant pas entièrement connaître. Sa vie forme un tout harmonieux. Cette vie, pour employer une parole de nos saints Livres, ressemble à la lumière : comme la lumière, elle

y Léopardi, Poésies.

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vij

a été croissant des premiers feux du matin aux clartés sereines du jour complet (i). C’est dans ce progrès constant qu’il la faut considérer pour en apprécier convenablement toute la beauté. Veut-on me permettre d’en indiquer brièvement la suite et comme les phases principales? Les jeunes lecteurs , auxquels j’aime surtout à penser, verront mieux dans cet abrégé ce qu ’ils ont à faire eux-mêmes .

Sa première enfance avait déjà quelque chose d’ épanoui et de radieux. Elle ne pleura pas à son entrée au monde. Son âme , semblable aux f orces vives qui ne peuvent longtemps être contenues, s’éveilla de bonne heure sous les caresses maternelles. Elle aima d’abord ses parents quelle voyait lui sourire, puis Dieu dont ils lui dirent aussitôt le nom sacré. Sa mère raconte quelle la contempla bien des fois joignant ses petites mains pour la prière , et prenant cette altitude d’adoration enfantine et profonde, où notre nature, encore livrée à elle-même, témoigne si manifestement qu’elle se souvient de son Auteur. A quatre ans, elle se montrait sensible à toutes les harmonies. Madame Ferrucci expli-

(i Prov. iv, 18.

Vil)

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q liait alors le Dante à quelques jeunes Genevoises. L’enfant se tenait à ses pieds recueillie et plus attentive qu'on n’eût pu croire : au bout de quelques jours on la surprit chantant les vers du poëte et comme sa mère paraissait étonnée :

« Je ne comprends pas, » lui dit-elle, « ce que vous lise\, mais je m ’y plais , parce qu 'il me semble entendre une belle musique. » Le meme instinct gracieux lui fit goûter et comprendre la nature. C'est en lui montrant le ciel, les étoiles, le soleil et les montagnes qu on avait commencé à lui révéler les grandeurs divines, et, un peu plus tard, elle avait une joie vive à courir au travers des prairies et à s’abandonner là, à tous ces dialogues animés et joyeux pour lesquels les enfants n 'ont guère besoin d’interlocuteur. Sa mère lui demandait parfois en souriant avec qui elle parlait de la sorte : « Avec les fleurs, » répondait-elle, « avec les arbres, avec les oiseaux; et si vous saviez les belles choses qu'ils me disent! »

Aimables commencements , naïves allégresses des âmes bien nées ! qui d'entre nous, les rencontrant auprès de soi, ne s’est arreté pour en goûter à loisir tout le charme et l'attrait ? Quel est l'homme asse 7 distrait, asse$ indifférent

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aux plus doux spectacles de notre terre, pour n’avoir pas remarqué avec admiration combien ces grandes choses impérissables, éternelles, divines, notre richesse, notre honneur, au fond notre joie et notre souci dominant, si légers que nous puissions paraître, déjà l’enfant les cherche, les accueille avec un mélange exquis de surprise et de respect, y trouve ses premières tendresses et ses premiers tressaillements ?

’ Dante, non moins attentif à ne rien laisser passer de délicat, qu’ardent à poursuivre ce qui lui semblait vil et corrompu, a bien poétiquement et en meme temps bien philosophiquement dépeint cet éveil plein de fraîcheur :

« L’âme, » dit-il, « sort de la main de Dieu, qui l’aime avant qu'elle soit, comme une jeune fille qui se joue, riant et pleurant tout ensemble.

« Dans sa première simplicité, elle ne sait rien, si ce n’est qu’issue d’un Créateur souverainement heureux, elle retourne volontiers vers ce qui fait sa joie (i\ »

h) Esce di mano a lui, che la vagheggia Prima che sia, a guisa di fanciulla Che piangendo e ridendo pargoleggia

L’anima semplicetta che sa nulla Salvo che, mosca da lieto t'attore, Volentier torna a ciô che la trastulla.

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Hélas! ce temps d'heureuse et riche spontanéité ne dure guère. Etres imparfaits et condamnés à grandir par progrès qui se succèdent lentement , il en est de notre vie comme de tous' les germes ; il faut quelle se brise et se morcelle pour atteindre son entier développement , et il semble qu’en se divisant ainsi, elle porte dans chacune de ses manifestations moins de pureté et de plénitude. Surtout , créatures déchues et désormais haletantes, nous ne tardons pas à trouver en nous la contradiction et la lutte. Le désordre s’est établi à la racine même de nos facultés. Au lieu de croitre ensemble et de s’aider mutuellement, elles se devancent , elles s’opposent, elles se heurtent à mesure qu elles acquièrent plus de force. C’est un état violent et douloureux qui fait de nous, suivant une parole de Socrate, autant d’êtres plus confus et plus embrouillés que les monstres compliqués de la Fable antique. La Sainte Ecriture est plus énergique encore. Elle compare cette tumultueuse agitation de nos âmes à une mêlée sanglante oit il nous faut intervenir et où, aux prises avec les parties intempérantes et désordonnées que nous trouvons en nous, nous devons, sur leur ruine, établir le triomphe de la raison, de la liberté,

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de l’ordre el de la paix. « Tu dois tendre , » dit de son côté l’Imitation, « à ce que, en tout lieu et occupation, tu soyes franc par dedans et puissant sur toi, c'est-à-dire que tu t'en puisses oster quand tu voudras, que tu soyes seigneur de tes œuvres et gouverneur, non pas serf ou vendu (i). » Nobles paroles, qui nous rappellent à tous notre royauté naturelle, et qu’il faut s’empresser de faire retentir aux oreilles de l'enfance. Oui, il faut de bonne heure avertir ces jeunes âmes où tout s’agite et cherche sa place; il faut, arec d'infinis ménagements et sans rien choquer ni détruire, leur apprendre à se démêler et à se reconnaître elles-mêmes, à recueillir un à un et à mettre dans la main de leur conseil (2' ions les fis de leur rie, à se diriger ainsi et à se gouverner, à commencer sans retard l’apprentissage nécessaire de la dignité et de la vertu active.

(1) L’Internelle Consolacion. Je profite volontiers de cette citation pour recommander cette ancienne version de l'Imitation, où l'on trouve, comme disait M. Alfred Tonnelle, « gracieuse conversation, douce consolation, grande paix et merveilleuse familiarité. «

(2) Au commencement, Dieu a créé l'homme, puis il l'a laissé dans la main de son conseil. Le bien et le mal, la vie et la mort sont devant lui ; il lui sera donné ce que luimême aura choisi. Kccli. xv, 14, iS.^

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Au nombre de ceux qui, dès leurs premières années, se sont vaillamment portés à cette tâche, on voudra sans doute compter Mademoiselle Ferrucci. Vive et généreuse, elle n’eut pas , comme tant d'autres, à secouer i engourdissement stupide d’une âme molle, ou à s'arracher péniblement aux satisfactions grossières des sens. Mais il lui fallut du travail et des efforts pour contenir le mouvement prompt et rapide qui emportait son âme dans toute les directions. Elle s’irritait naturellement contre les obstacles, et 'ce n 'était ni sans frémir, ni même sans s'indigner parfois, qu’elle entendait les observations et les réprimandes. Si elle se fut livrée à son penchant, elle eût porté dans sa conduite quelque chose d impatient et d'impérieux qui lui eût fait tout renverser durement sur son passage. Par bonheur, la vigilance de sa famille, /'industrieuse direction de sa mère, sa grande loyauté à se juger elle-même, lui firent apercevoir le danger. Elle en fut effrayée, et sur-lechamp elle entreprit contre cette funeste disposition une lutte qu elle soutint avec une décision extraordinaire. Elle surveilla rigoureusement et nota chaque jour ses paroles et ses actions. Elle appela sa mère à son aide et l'entretint avec can -

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deur de ses bons comme de ses mauvais succès. Elle mit tout en œuvre, en un mot, et ne s'accorda ni trêve ni relâche. Une volonté si sincère fut récompensée. Elle acquit enfin cette douceur parfaite qui, de l'âme, descend jusque dans l'attitude et le son de la voix et qui, à le bien prendre, est moins une vertu particulière qu'une réunion de vertus excellentes : le bon sens, la modération des désirs, une entière soumission à Dieu, un souci délicat des pensées et des besoins des autres.

La vie est un mouvement qui doit longtemps, qui doit toujours nous porter en avant. Tout n’est pas fini pour une jeune âme quand, par une action forte et persévérante, elle en est venue à se pacifier et à se posséder elle-même. Sans doute elle a fait beaucoup. Son contact n'aura désormais rien d âpre ni de dur : elle sera de celles qu'on ne craint pas de rencontrer : c'est une grande chose. Il lui t'este, pour achever son œuvre, à employer et à orner les puissances dont elle est devenue maîtresse. Sensibilité, imagination, intelligence, volonté, ces belles facultés sont autant de trésors que nous tenons de la libéralité divine et qui constituent comme la dot que tout homme reçoit à son entrée au monde. Il

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est impossible que leur objet se borne à éviter tout désordre et à ne pas devenir malfaisantes. Dieu n ’a donné ce rôle négatif à aucune de ses créatures. Elevé au-dessus des autres, l’homme surtout doit se cultiver, tirer parti de lui-même, devenir, dans la maison du Seigneur, semblable à un olivier qui se couvre de fruits en son temps V . « Frères, » écrivait saint Paul aux premiers chrétiens, « tout ce qui est vrai, tout ce qui est pur, tout ce qui est juste, tout ce qu> est saint, tout ce qui est aimable, tout ce qui est d’un bon renom, voilà votre vocation et ce qui doit sans cesse occuper vos pensées et vos méditations (2''. »

Après ces paroles aussi générales que graves et solennelles , il n’y a plus à hésiter. Il n’est permis à personne de se négliger soi-même. La jeune fille, aussi bien que le jeune homme , est tenue de cultiver assidûment ce qui est en elle. Nos pères se trompaient par conséquent , quand ils se montraient , pour l’éducation de la femme, si humblement dociles aux vulgaires maximes du Chrysale de Molière. Etrange erreur quand on

(1) Ps. 1.1. 10.

(2) Philipp. iv, S.

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y réfléchit! Quoi! voilà, je suppose, une enfant que la main de Dieu avait touchée dès sa naissance et sur laquelle le soleil de l intelligence s 'était levé. Elle a passé, comme en se jouant, par les différentes initiations de l’enfance, elle est peu à peu devenue sensible au rhythme du langage, elle a goûté cette première poésie des belles choses et des beaux sentiments qui, sur ces faciles natures, agit de si bonne heure. Maintenant une pensée plus haute la tourmente ; ce qu elle ii ! a qu’entrevu jusqu 'ici, elle voudrait en faire un examen plus attentif; ces grands mots de beauté, de devoir, de famille, de religion, de patrie , oit elle sent que tout est ramassé, elle cherche à pénétrer jusqu ’à leur sens intime et caché : toute cette vie, en un mot, dont le flot pur et brillant commence à monter en elle, elle demande à en connaître la source et le secret. Voilà l’impérieux besoin et comme le cri de sa jeunesse. Combien ce besoin est légitime, combien ce cri part des entrailles, vous pourrie^ le reconnaître tantôt à la gravité et, si je puis dire, à la mélancolie de son attitude, tantôt au feu avec lequel elle accueille tout ce qui éclaire et agrandit son horizon. Mais c’est précisément ce que vous ne voule\ pas, et , invoquant je ne

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