‹ Rosa mysticaChapitre 11 sur 24 · A LA DÉDAIGNÉE. I^J · texte numérisé non relu

A LA DÉDAIGNÉE. I^J

Fit flamboyer au ciel le Rêve radieux ; Et, pour éterniser sa forme imaginaire, A jamais la figea dans l'essence des dieux.

— O douce Illusion à nos cœurs coutumière, Fantôme fait d'Amour, de Gloire et de Lumière ! De ta bouche où voltige un sourire, souvent, De ta bouche adorable et fine — et que colore Un sang fait d'ambroisie et de soleil levant ; De ta bouche s'échappe, ondoyant et sonore.

Le Logos saint, vêtu du rhythme grave et pur : Telle jaillit Aphrodite des flots d'azur !... Et tes larges yeux noirs, [où couve le mystère Mi-voilé, que ta bouche entr'ouverte doit taire Jusqu'au jour où, sublime entre tous, paraîtra Celui par qui, sommé, le Verbe parlera ;] Tes yeux noirs, langoureux, ou souriants, ou tristes,

||8 CHOSES d'art.

Quand tu daignes parfois les baisser jusqu'à nous> D'un tel enchantement baignent nos yeux d'artistes. Que nous rampons, ensorcelés, à tes genoux !...

Les hommes, enchaînés à leur argile immonde,

Ne te devinent pas, errante par le monde,

O déesse, et visible aux seuls initiés ;

Et le public s'écrie : — « A bas cette chimère ! »

Mais nous faisons, ô notre Sœur et notre Mère,

Nos pleurs fervents et doux ruisseler sur tes pieds I

— Puisque l'homme vulgaire et dont la vue est brève, O Fleur superbe, éclose à la tige du Rêve, Splendeur conceptuelle, ô Reine du jardin Idéal, n'a pour toi qu'ignorance ou dédain.

Je veux chanter ta gloire impérissable. Rose Dont la sève est le sang du poëte, et qu'arrose Le flot perpétuel des larmes de ses yeux *, Rose mystique — et qu'un zéphyre harmonieux

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