A LAURENT TAILHADE
Vous drapez — au boudoir^où votre amour s'étale —
En un manteau de gravité sacerdotale,
La Mièvrerie exquise où vous vous complaisez;
A moins que, plus sincère, abdiquant Tironie, Sur un fond de vieil or, de pourpre et d'harmonie Vous ne plaquiez la gamme ardente des baisers.
Septembre 1884.
c/l zMaurice Narres
AURiCE, ô mon ami, je t'aime et te ressemble Tantôt joyeux sans cause ou tristes sans raison, Nous allons, par la main, vers le même horizon., Nous qu'un commun destin côte à côte rassemble.
Si notre tempe brûle, ou si notre pied tremble. Frère, glorifions ce mal sans guérison :
A la coupe où distille un savoureux poison.
Nos lèvres d'insensés s'abreuvèrent ensemble !
A MAURICE BARRÉS. I fÇ
^ar la fièvre du Beau consumés, sans blêmir, ît sans désavouer notre belle folie, (Que le soleil nous arde, ou que le vent nous plie^)
Rêveurs et fraternels, marchons vers l'Avenir 1... Mais la grande Erato ne veut pas qu'on oublie, Et change en perles d'or les pleurs du Souvenir.
Juin 1884.
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