‹ Rosa mysticaChapitre 7 sur 24 · JOUR TERNE. I I · texte numérisé non relu

JOUR TERNE. I I

Des chemins hérissés de ronces agressives.

— Le port majestueux des vieilles tours massives D'un manoir, que Téclair, de moment en moment, Découpe sur le ciel épouvantablement,

Nous frappe de terreur, parmi la solitude.

— Mais de ce ciel pâlot tombent la Lassitude La Nausée et le Spleen ; — et Ton est dégoûté D'avoir à vivre encor, d'être et d'avoir été.

Décembre 1883.

Destin féroce

%A Jean l^meau.

«J E ne sais rien de plus cruel, ô Sort moqueur !

Pour qui marche, portant sa cicatrice au cœur.

Que d'être, sous le joug d'une Force fatale ,

Traîné le long des murs où ce cœur ruissela...

— Mais trois fois malheureux, toi qui te dis : « C'est là I »

Quand tu foules le sol de ta ville natale....

Il n'est pas une rue où le pavé ne soit Aspergé de ton sang, et ton œil n'aperçoit

DESTIN FÉROCE. I l f

Point d'angle où ne surgisse un spectre qui t'assaille I Pas un trottoir banal qui n'élève la voix Pour te narguer ; — et si tu te sauves au bois, Un lambeau de ta chair pend à chaque broussaille I

A toi, râpre martyr, à toi, le vieux maudit, Le vent amer, qui geint entre les poutres, dit :

— « Pleurez, yeux secs I Vieux cœur cicatrisé, ressaigne 1 « Roulez encor, ô flots de pleurs I Vagues de sang I

« Et toi, front bafoué, courbe-toi, pâlissant 1... » Réprouvé, cherche au monde un être qui te plaigne.

Est-il pas des caveaux et des linceuls épais ? A défaut de pitié, réclame au moins la paix ! Fuis les ricanements au sein de l'ombre noire I Qu'Hier dans le Néant s'eflFondre, enseveli

— Mais il n'est rien qui veuille, à ta pauvre mémoire, Faire la charité suprême de To u b l i.

Novembre 1883.

Suprême affront

Umbrae ibant tenues, simolacraque vita carentûm.

P. ViKGiLius Maro.

ARMi des buissons roux, béait une caverne Hideuse, ouvrant sous terre un couloir ténébreux : Là, je m'aventurai le front bas, amoureux Des souterrains qui font rêver du sombre averne.

Des hiboux — noirs témoins dont l'œil de flamme alterne, — Secouaient pesamment leurs ailes, dans le creux De la paroi rocheuse ou du plafond ocreux.

Un feu follet errait, vacillante lanterne.

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