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J,a ixenaissance U niverselle
Iinprinune Ch. Bahy à yMulhoiucJ
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L y avait une lois une gentille petite tille
qui rappelait JxOSALBA (pétait iine liUette
tonte mignonne, avec aes boucles blondes
et oe grands yeux bleus. iLlle n avait
ni Irère, ni sœur et, comme sa maman n avait pas
d autre enlant, on la gâtait quelquetois un peu;
mais Iv05ALBA avait un bon petit cœur et tout
le monde 1 aimait.
J,e rose était la couleur prélérée de la maman de ROSALBA : c'était aussi celle que ROSALBA aimait le mieux. JJans sa cnambre, tapissée d une cretonne claire avec de grandes Heurs roses , les meubles étaient blancs et roses ; il y avait Aes rideaux roses aux lenêtres et, sur le petit lit b'.anc, il y avait inie jolie couverture rose. Uepuis qu elle savait marcher, on mettait à ROSALBA des lias de soie, r.o.se ; -c est ., même pour cela qu on 1 appe - ^ lait ROSALBA.'^ Oes parents habitaient une jolie maison" ' de •campagne dans un très beau jardin.
^Ei^oUAI^o
Je VOU5 ai dit qu on gâtait quelquelois IvOSALBA. (^omme elle avait été très sage pendant toute 1 année.
lu ell
le
lu elle
e avait bien appris ses leçons et qu elle avait
récité une jolie poésie sans laire de tautes à
la lête de sa maman, son papa avait lait à JvOSALBA un magnilique cadeau de ^oël. 11 lui avait donné une petite voiture, attelée de deux cnèvres blancnes, avec laquelle IvOSALBA pouvait aller se promener et taire ses visites à ses amies.
lous les matins, ivOSALBA prenait une leçon avec sa maman ciui lui enseignait à lire, à écrire, , à compter et beaucoup d autres clioses intéressantes ;
ij
?lle lui ai
lussi de
lu elle
elle lui apprenait aussi des poésies qu elle récitait
le soir à son papa. ^ ^
Un jour que IvOSALBA avait été particulière- "^ /,/-**' rT ment sage et s était donné beaucoup de peine à sa leçon, sa maman, en lermant son livre, lui dit : S^^ Vi
» ^/Va cKère petite, c est après— demain ta tête et comme j ai été contente de toi, je te permets f{'
HtKou/J|i>
d inviter tes amies à venir passer l' après - midi ici Vous pourrez courir, jouer dans le jardin et je vous préparerai une surprise cjui vous amusera. »
IVOSALBA remercia beaucoup sa maman et aurait bien voulu savoir de quelle surprise il s'aeissait, mais on lui avait appris <ju'il ne faut pas être indiscrète et puis, si sa maman lui avait dit ce quelle voulait préparer, ce n'eut plus été une surprise, n est-ce pas
iVOSALBA embrassa donc sa maman et partit ans sa petite voiture pour inviter ses amies. Comme on aimait beaucoup aller ckez elle, qu'il y avait toujours d excellents goûters et qu'on savait que c'était la fête de ROSALBA, toutes les petites filles acceptèrent avec joie.
Le matin, en se réveillant, ROSALBA sauta à tas de son lit et courut à la fenêtre pour voir le temps qu'il faisait. Un beau soleil brillait dans un ciel bleu et les oiseaux chantaient joyeusement
H^Rou;\|i;t)
dans les arbres du jardin ; il.s semblaient vouloir soukaiter une bonne Icte à ROSALBA. En descendant pour le déjeuner, elle trouva à sa place, sur la table de Ja salle à manger, plusieurs petits paquets soigneusement enveloppés, attacliés avec des
laveurs roses. K^uc pen5c::-vous cpi j1 y avait dans
ces paquets : IvOSALBA était aussi curieuse que vous de le savoir. Avant de touclier au déjeuner, avant même de goûter au beau gâteau, entouré de nuit bougies, qu on avait lait pour sa Icte, ROSALBA délit les paquets et poussa des cris de joi voyant les jolis cadeaux qui s y trouvaient. Jt veux pas vous dire ce que c était, mais je suis sûr que SI, comme ROSALBA, vous êtes bien sages, quand votre anniversaire de naissance viendra, votre
c en e ne
aman saura aussi vous préparer des petits paquets
qui vous leront plaisir.
J,es amies de ROSALBA arrivèrent de bonne lieure. relies avaient toutes mis leurs plus jolies
robes, et leurs yeux brillaient de plaisir à la pensée de la bonne après-midi qu elles allaient passer dans ce beau jardin. L-nacune apportait à IvOSALBA, jb pour sa tête, des lleurs, des cliocolats ou d autres petits cadeaux.
J-ia maman de ivOSALBA les embrassa et leur nm dit cju elle était bien contente d avoir pu les réunir s pour la tête de sa lille.
(fvous allez maintenant courir dans le jardin», leur dit-elle, c< jouer, vous amuser tant nue vous pourrez, et, cjuand trois lieurcs sonneront, vous irez toutes ensemble dans le petit bois, au Tond du parc ; vous y trouverez une surprise. J espère ou elle vous lera plaisir et cjue toutes vous serez sages et obéissantes ».
JLes petites filles se mirent à laire des jeux, se balancèrent sur 1 escarpolette, jouèrent au croquet, montèrent dans la petite voiture des clièvres, et les oiseaux percnés dans les arbres disaient qu ils n avaient pas souvent vu une réunion aussi gaie
HfROU^f^D 1
et au55i bruyante, loiit à coup, 1 liorlogc de la vieille cgU5c au village sonna trois coups. L- était 1 neurc nue la maman de ivOSALBA avait lixce pour aller dans le petit bois. 1 ous les jeux cessèrent en même temps, et la petite troupe joyeuse se dirigea vers le lond du jardin, il y avait là de grands arbres, très vieux, sous lesquels il laisait une traîcneur délicieuse, et un joli sentier traversait la petite lorct. Après avoir tait quelques pas, les tiUettes arrivèrent à une clairière dans laquelle se trouvait une petite lontaine avec un robinet en métal poli qui brillait comme de 1 argent. Un gobelet de cristal était suspendu à un crocnet au-dessous d un écriteau. our 1 écriteau, on pouvait lire:
(< (iliaque petite lille peut remplir son gobelet et le vider une lois, mais elle ne doit boire qu un gobelet 9.
V^es deux derniers mots étaient soulignés. J, une après 1 autre, les amies de IvOSALBA prirent le gobelet
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a son crochet.
Jrarmi les amies de ixOSALBA méckantc petite fille qui s appelait EUPHROSINE. iLlle était désobéissante et souvent ne disait pas la venté. Ea maman de JCvOSALBA ne 1 aimait pas beaucoup et aurait iiréléré ne pas 1 inviter. JVlais la bonne ivOSALBA aA'ait intercédé pour sa petite amie, pensant qu elle aurait trop de ciiagrin si elle apprenait qu on 1 avait laissée de côté. EUPHROSINE aurait dû être reconnaissante du bon mouvement de IvOSALBA et être très •sage , mais son mauvais caractère ijrit le dessus et elle déclara qu elle avait encore soil et qu elle voulait boire un second gobelet. JLiCs autres petites lilles essayèrent de lui lairc comprendre combien c était mal de désobéir, mais rien n y lit. EUPHROSINE répondit que
la maman de IvOSALBA ne les voyait pas, que Si personne ne rapportait, elle ne le saurait jamais, et, prenant le gobelet, elle le vida une seconde et même une troisième lois. J,es petites tilles lurent très tristes de ne pas avoir pu enipèclier ILUPHROSINE de désobéir, mais comme elles avaient tait ce au elles avaient pu, bientôt elles n y pensèrent plus.
X armi elles il y en avait deux qui s appelaient Sophie et Caroline. Elles n'avaient nen dit quand on tit des observations et causèrent un instant à voix basse entre elles. Au lieu de suivre leurs amies qui s éloiffn.Tient , elles restèrent en arrière, et une lois sûres de ne plus être vues, retournèrent à la tontaine où cliacune l)ut encore un verre de sirop, puis elles rejoignirent en cour.int ^ la petite troupe joyeuse.
iLii continuant leur cnemin dans la torêt, au procliain tournant, les petites tilles trouvèrent un
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bel arbre aucjiicl pendait une quantité de Lrioclies
t de madeleines. Plus d une se dit au elle aime-
ait bien avoir dans son jardin un arbre comme
celui-là où les gâteaux poussent comme les pommes
sur les pommiers. ROSALBA ne disait rien, mais
naît intérieurement, parce qu elle savait l)ien que
c était sa maman qui avait suspendu ces bonnes
' \j ckoses à 1 arbre. Un écriteau était fixé à une
branche, comme à la fontaine ; il portait ces mots :
(' Chaque petite fille peut choisir une brioclie
ou une madeleine, mais elle ne doit pas prendre
plus (j un gâteau. »
Je me demande ce que vous auriez choisi si vous aviez été à leur place. L,es petites filles eurent une certaine peine à se décider. Elles tournèrent d abord autour de 1 arbre en approcliant leur petit nez des friandises qui pendaient aux branches. Les brioches toute dorées étaient bien appétissantes, mais les madeleines sentaient joliment
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Don. C^omme il lallait en finir et taire un cnoix, les unes prirent une briocne, les autres une made- ^^' leine et tout le monde se mit à croquer ces excellents gâteaux. EUPHROSINE, une des premières, avait attrapé une oriocke et 1 engloutit en quelques Doucliées, comme une vilaine petite gourmande quelle était. Quand elle eut fini, elle eut très envie de savoir si les madeleines n étaient pas
meilleures et, ayant commencé à
désobéi
eir avec
3, elle
:hant une madeleine et
sirop, elle continua en decrocl
une seconde Driocne , malgré les observations de ses
amies dont elle se moqua.
il lair
en est souvent ainsi ;
re on est sur une r
lissante et une nouvelle laute succède à
quand on a commence a ma pente g la première.
JM^alneureusement, ce mauvais exemple entraîna de nouveau SOPHIE et CAROLINE qui, sans qu on les vit, prirent cnacune un second çâteau quelles
vit, pr
maneerent en se cachant.
Un peu plus loin, clans la foret.
on voyait
un autre arbre dont les brandi
es paraissaient cou-
PP
ro-
es es es
vertes de taclies de toutes les couleurs. En s'i cliant, les petites filles virent que ces tackes étaient des papillotes. Il y en avait âes brunes au cliocolat, des jaunes au citron, des roses aux framboises, d vertes à la pistacke, des blanckes à la iiientke, d grises à la réglisse, des rouges au sucre dorge, d oranges à la mandarine, des mauves à Li violette, des brun- clair au caramel, et, sur l'écriteau qui pendait à 1 arbre on lisait:
fc diaque petite aile peut prendre une papillote, mais pas plus d une. «
JJe nouveau, ces derniers mots étaient soulignés. V oilà une affaire ! Comment ckoisir ? loutes ces papillotes paraissaient si bonnes! J'aime mieux ne pas vous demander ce que vous auriez pris, parce que je crois que si je devais attendre
votre décision, je ne pourrais pas vous fini
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lii.stoire aujoiircl liiii , niaus ce que je sais, c est qii en tous cas, vous n auriez pris qu une papillote. V. est ce que tirent les petites lilles sages après avoir suliisammcnt réllcclii , tandis que la méchante rLUPHROSINE, après avoir croque une papillote rou^e, en avala encore une jaune, puis une blanche et une violette. C- était vraiment une vilaine petite.
iSOPHIE et C-AROLINE, qui avaient commencé à oésooéir, suivirent une lois de plus 1 exemple cl EUPHROSINE et glissèrent une ou deux papillotes dans leur pocne pour les croquer tout en marchant.
Pendant que les lillettes ckoisissaient leurs papillotes, le temps passait. lout à coup, on entendit dans le lointain une clocne qui taisait y ding-ding- diiig.
« C est le goûter!» s écria ivOSALBA. «rentrons l)ien vite ! » Les petites tilles ne se le tirent pas répéter deux lois ; elles se mirent à courir du
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et arrivèrent presque ensemhlc près de la ma de ivOSALBA nui les attendait sur la terrasse. -Le goûter était servi sur une grande table, en plein air, et les petites tilles battirent des mains quand elles virent toutes les bonnes clioses qu on leur avait préparées. il y avait du cliocolat, du tlié, du calé, du cacao, des gâteaux de toute espèce, une torche aux marrons, des tartelettes Aux fruits, aes macarons à la noisette, des brioclies, des biscuits, des madeleines, de la crcnie à la vanille, d glaces aux Iraises, aux Iraiii boises, à 1 ananas, d corbeilles de truits avec des pommes, des poires, des pêches, des reines - (laude , des mirabelles, des raisins et encore beaucoup d autres bonnes choses. Alors, la maman de ROSALBA leur dit :
ce A\aintenant, mes petites filles, vous allez vous laver les mains et nous allons goûter.» £n disant cela, regardant autour d'elle, elle vit EUPHROSINE toute pâle qui taisait une allreuse erimace.
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c< Ou 35 -tu donc, mécnante petite.» demanda la maman.
EUPHROSINE se mit à pleurer en disant quelle avait bien mal au cœur.
c< Xu mas désoDei,*) reprit la maman. » J avais écrit au on ne devait ooire qu un gobelet de sirop, tu en as Du plusieurs; on ne devait prendre qu une madeleine ou une briocke et seulement une papillote. Xu as été une vilaine gourmande, tu as désobéi; maintenant tu es punie, tu es malade; tu ne pourras pas goûter avec nous. Va-t en , . . . je ne veux pas que tu restes avec ROSALBA et je ne t inviterai
^^ plus jamais.))
Vous pensez si la pauvre EUPHROSINE lut konteuse d avoir été ainsi chassée. Elle se mit .\ sangloter et sortit du jardin avec la bonne de ROSALBA qui devait la reconduire à la maison. Les petites filles qui la regardaient s éloigner la virent tout-à-coup s arrêter au milieu de la rue et,
fiSurez-vou5 ce cjui lui arriva . . . Comme elle avait de plus en plus mal au cœur, elle fit . . . Koup et tous les passants, qui la regardaient, disaient : « C est une mécliante petite fille gourmande cjui a trop mangé et qui est malade.» Quand elle arriva à la maison, sa maman la gronda très fort, la fouetta et la fourra au lit, avec une ta^sc de camomille.
Les autres petites filles se mirent à taLle et firent lionneur à l'excellent goûter prépare pour elles. Tout était exquis, et nos petites amies se régalaient à qui mieux mieux.
Toutes, sauf CAROLINE et 50PHIE qui, lorsqu elles eurent devant elles une assiette de crème au ckocolat qu on avait servie en premier, furent incapables d en manger, tant elles avaient un poids sur 1 estomac. Elles durent laisser passer, sans y touclier, toutes les friandises du goûter. La maman de ROSALBA savait Lien pourquoi elle avait
recommandé de ne pas abuser des bonnes cnoses de la lorêt. V^e lut la punition des petites iiiies désobéissantes, et elles rougirent jusqu à la racine des
^5 clieveux sous le
rd int
le regard interrogateur et severe oui leur iaisait comprendre que leur taute ne pouvait pas être cacnée. Je crois que la maman de ROSALBA leur aurait vertement dit ce qu elle pensait de leur gourmandise, si un coup d œil suppliant de sa fille n eut intercédé pour les coupables.
Quand 1 lieure de partir lut venue, XvOSALBA donna à cnacune de ses amies ut\ joli souvenir de sa fête ; sa maman, en les embrassant, leur dit que 1 année prochaine elle inviterait de nouveau les petites filles qui avaient été obéissantes. Je pense que Sophie et Caroline durent avoir bien peur lie n être pas de celles-là; mais toutes les amies de ROSALBA se dirent, le soir, en se couchant, qu il vaut bien mieux être sage que mécKante et désobéissante, comme lavait été ILUPHROSINE.
Joseph
le petit Oavoyara
ui-i^^M"
L Y avait, dans un nameau des montagnes de la oavoie, une pauvre veuve qui vivait péniblement avec ses cinq entants, tvlle n avait pour toute fortune qu
e sa
cnaumière, un cnamp où elle cultivait du seigle et quelques pommes de terre, avec deux clièvres qui lui donnaient le lait pour nourrir sa petite lamille. L, aîné des entants, JOSEPH, était un brave j petit garçon de treize ans qui taisait tout son possible pour aider sa mère. 11 allait de bon
matin dans la torêt cnerclier du bois mort pour taire la cuisine et cnauller la cabane en liiver. 11 tâcbait aussi de rendre des services aux autres nabitants du village, qui en échange, lui donnaient de temps en temps une miclie de pain ou quelques autres provisions qu il était heureux d apporter à
sa mère.
ijon meilleur ami était le curé, un vieu) prêtre, très bon, très cbari table, qui, dans les moments
Jifliciles, venait souvent en aide à la pauvre famille. Ce brave curé avait connu le père de Joseph et 5 occupait avec sollicitude des orpkelins qii il avait laissés. L intelligence précoce de JOSEPH lavait frappé et il était touclié des efforts que le
petit
garç
on taisait pour venir en aide à
sa mère.
On lui confiait de petits travaux au presbytère, lui faisant ainsi gagner c|uelcjue argent, et le bon cin-é lui avait appris à lire, à écrire, et bien d autres clioses encore qui lui seraient grandement utiles dans la vie.
Le bon curé avait un faible: la musique, et il passait des heures entières à jouer du violon. Joseph l'écoutaît avec grand plaisir. Le curé lui ayant demandé un jour s il aimerait aussi à apprendre le violon, 1 enfant accepta joyeusement et fit de rapides progrès.
Fort bien doué, JOSEPH avait une mémoire étonnante qui lui permit bientôt de jouer par cœur
v^\^ "llllli"
.:ill',Wi
ta
toii.s les airs cjti il avait appiii. Dès ou il avait un moment de loisir, il courait au pre.sliytère et s emparait du violon cjuc le curé lui prêtait volontiers.
-L hiver survint, la Kise souffla glacée, la neige tomba en abondance et, un soir, en rentrant dune visite dans la montagne, le vieux curé fut pris dun trisson. Il dut se mettre au lit avec une grosse fièvre et fut longtemps très malade. Une fois en convalescence, il se sentit si faillie qu il n'avait pas assez de force pour tenir son violon. Ce fut un grand chagrin pour lui ; il demanda à JOSEPH de lui jouer les airs c|u il aimait, et le petit garçon venait chaque jour faire un peu de musique à son vieil ami.
Les lorces du malade ne revinrent pas avec le printemps, comme on l'espérait; il déclinait de plus en plus. Un soir, il demanda à JOSEPH d amener sa mère pour causer enseml>le de son avenir.
•^,„^*f^'^^^-^'' ^«pm
A cette époque, en Savoie, Ja plupart des garçon.^ pauvres de 1 âge de JOSEPH quittaient le pays pour aller gagner leur vie à Jraris ou dans quelque autre grande ville, comme ramoneur ou
comme comi5Sionnaire.
Le curé, ayant un frère à Pari.-î, proposa d y envoyer le petit garçon qui, avec les bons con5eil5 qu'on lui donnerait là - lias , arriverait certainement à gagner et pourrait ainsi aider à élever ses petits Irères et soeurs.
Le départ fut décidé, et JOSEPH se prépara à se mettre en route. Il devait faire le voyage à lued, et vous pensez bien qu il lallait des jours et des semaines pour parcourir ainsi la distance qui
sépare
la Savoie de "ans.
Le ton curé ht à JOSEPH toutes les recommandations possibles, lui prodigua des conseils paternels, et après lui avoir donné des explications détaillées sur son voyage et sur 1 itinéraire qu il aurait à suivre, il ajouta:
ce -Maintenant, JOSEPH, je vais te faire un dernier cadeau et te donner ce que j'ai de plus précieux ici. Tu emporteras mon violon. Je ne puis tout de même plus en jouer; cela te servira, quand tu seras en route, à gagner un peu d argent pour ton voyage. Soigne -le bien et conserve - le toujours en souvenir de moi. a
JOSEPH avait les larmes aux yeux en remerciant son vieil ami.
Deux jours après, au lever du soleil, le petit garçon partait, son modeste kigage noué dans un ouchoir qu il portait au Lout d'un Lâton, et le
précieux violon en sautoir. Il
le
précieux violon en sautoir. 11 avait le cœur gros, le pauvre JOSEPH, en embrassant sa maman qui pleurait et ses petits frères et sœurs qui lui disaient adieu. Il se retourna souvent pour contempler encore la cliaumière, d'où on lui faisait des signes, jusqu'à ce que la foret dans laquelle entrait le sentier, ne lui permit plus de voir son
mm
village natal c^ il n avait encore jamais quitté. Le petit garçon marcna courageusement juscju au soir pour atteindre, avant la lin au jour, 1 endroit où il devait passer la nuit. De temps en temps, il s arrêtait près d un ruisseau ou d une tontaine , mangeait un morceau de pain et de tromage, puis, ;v après s être reposé un moment, reprenait bravement sa route.
Le soleil naissait derrière la montagne quand Joseph arriva au village qu il voulait atteindre. Devant 1 unique auberge de 1 endroit, quelques ouvriers étaient attablés. En voyant le petit garçon avec son violon, 1 un d eux lui demanda d où il venait et où il allait.
« Fais voir un peu ce que tu sais jouer, » dit un autre en montrant 1 instrument.
Joseph accorda son violon et commença une mélodie savoyarde dont les ouvriers cnantèrent le refrain en chœur. (^uand il eut iini , on
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lui lit place à table, et les ouvriers 1 invitèrent à manger.
Vous pensez bien que JOSEPH accepta a^vec empressement ; il mangea avec 1 appétit de son âge, aiguisé par sa longue course, la bonne soupe et les pommes de terre au lard cjue 1 aubergiste lui apporta. 11 essaya ensuite de jouer encore, mais il était SI latigué cjue ses yeux se lermèrent malgré lui. Alors, 1 aubergiste le conduisit dans le grenier à loin, et notre petit ami ne lit au un somme jusqu au lendemain. Avant son départ, on lui donna encore quelcjues provisions et JOSEPH se remit en route, bien content du début de son voyage.
-Les jours se succédaient ; parfois JOSEPH trouvait une maison hospitalière, où il pouvait passer la nuit; souvent il dormait en plein air. sous un arbre, son petit baluclion lui servant d oreiller, avec le ciel étoile au-dessus de sa tête, M
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fait
mais jamais il ne s endormait sans avoir lait sa prière et, quand il n était pas trop latieué, il jouait encore un peu de violon en pensant à son vieil ami le curé.
Un matin, il suivait la route montant en lacets jusqu à un col assez élevé qu il devait traverser pour arriver dans une vallée voisine. 11 entendit derrière lui les grelots d un attelage qui le suivait. On rencontrait peu de voyageurs sur cette route écartée, et le petit garçon s assit au bord du cnemin pour laisser passer la voiture qui se rapprocnait. V^ était une grande berline, attelée de trois cnevaux, dans laquelle une jolie dame blonde était assise à côté d un vieux iWonsieur.
V is-à-vis d eux, un petit garçon qia regardait curieusement JOSEPH, s écria, en le montrant du doigt :
Cl V OIS - tu , grand - papa , ce petit musicien. J aimerais bien qu il joue quelque cnose. »
Hti^ou^b
-Le vieux jWonsieiir lit arrêter la voiture et clemanoa à JOSEPH de laire un peu de musique. i> otre ami ne se lit pas prier et se mit à louer ses plus jolis airs.
V^uand il eut lini, la jolie dame qui était la maman du petit garçon, lui lit compliment, et le grand -papa tira sa bourse et donna une belle pièce blancne à JOSEPH ; le petit garçon tenait au musicien une grosse plaque de cnocolat qu il avait dans sa poche. Puis, après lui avoir ait aoieu , les voyageurs continuèrent leur route.
JOSEPH serra soigneusement dans un coin de son mouclioir, la pièce . qu il venait de recevoir. il était bien content; c était le premier argent qu il avait gagné depuis son départ de la maison.
Il suivait des yeux la voiture qui gravissait péniblement la côte au-dessus de lui. Arrivée à un endroit où la pente était plus raide , elle s arrêta et les voyageurs descendirent pour soulager les
clievaux qui avaient peine a à cet endroit ailiicile.
laisser la lourde berline
L/c petit garçon était descendu le premier ; heureux de se dégourdir les jambes, il courait à droite et à gaucne cueillant les jolies lleurs alpestres nui croissaient au bord du cliemin.
1 ont à coup, à un tournant rapide, JOSEPH entendit un cri perçant et vit, à quelque distance, la dame, le vieux A^onsieur et le cocker taire des signes désespérés. 11 prit sa course et, en arrivant près deux, comprit bien vite la cause de leur émoi.
En voulant atteindre une rieur qu il voyait au-dessous de la route, le petit garçon avait glissé et se trouvait à quelques mètres plus bas, accrocné à un buisson qui surplombait le précipice. JLe pauvre petit poussait des cris lamentables, mais aucune des trois personnes penchées au-dessus de lui ne pouvait lui venir en aide. .Le roclier.
^i^om^m
dan5 lequel la route était taillée, descendait à pic et il semblait impossiole de porter secours au malheureux entant.
JOSEPH n nésita pas longtemps. 11 avait tait dans la montagne des cnoses aussi ditticiles que cela pour aller cnercner ses cnèvres dans les rocners. 11 jeta de côté son paquet et son violon, et, entourant son poignet du touet du postillon, il recommanda à ce dernier de le tenir solidement.
l^uis, agile comme un cliat, il se laissa glisser en s accrocnant avec les mains et les pieds aux arêtes du roc. 11 arriva ainsi jusqu au petit garçon qu il saisit par le bras. 11 cria alors au coclier de les tirer doucement à lui.
V^e n était pas cnose tacite que de remonter ta paroi qui séparait tes deux entants de ta route, oeut, Joseph serait arrivé sans trop de peine, mais cKargé du petit garçon qui ne pouvait que se laisser nisser, c était terriblement di
lur.
Lpre5 plusieurs essais inlructueux et au prix Cl ellorts surnumains, JOSEPH put eniin arriver à saisir la main au on lui tendait et à ramener son précieux lardeau sur la route.
11 était temps ! J,es lorces au courageux petit étaient à bout ; il lui sembla que tout tournait autour de lui, ses yeux se voilèrent et il s évanouit à côté de 1 entant au il venait de sauver.
C^uand il reprit connaissance, la jolie dame était pencnée vers lui et tamponnait son Iront avec un moucnoir numide. JOSEPH eut quelcjue peine à rassembler ses idées, mais ceux qui 1 entouraient
lu.
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rappelèrent bientôt ce qui était arrive.
«lu as sauvé mon fus, courageux enlant , » lui dit la dame blonde en 1 embrassant, « jamais je ne pourrai m acquitter envers toi. »
Joseph ne comprenait pas très bien ce qu elle voulait dire, mais il était neureux de la joie qu il avait procurée.
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appointements et put envoyer régulièrement à sa mère une partie oe son gain. -La pauvre lemme bénissait Dieu de lui avoir donné un pareil fils.
I ,p bon curé avait appris avec bonlieur la lortune inespérée de JOSEPH ; ce lut une de ses dernières joies et, avant de mourir, il envoya dans la dernière lettre qu il écrivit, sa bénédiction à son petit ami.
C^uelques années plus tard, un jeune nomme de bonne mine, élégamment vêtu d un cpstume de touriste, quittait la diligence aux environs d Annecy et prenait à pied le cliemin de la montagne. V^ était par un beau jour d été ; les Alpes découpaient leurs cimes étincelantes sur un ciel sans nuages, x arlois le voyageur s arrêtait pour contempler le paysage qu il semblait reconnaître avec émotion.
Vers le soir, après avoir traversé une lorêt, il arrivait sur un alpage au bas duquel étaient groupées
les cl
laumieres d un pauvre nameau.
Un filet de f>
umee
■''iiiipiii||:'"iii^.s,j''in;:'''''iii
montait du toit d une cabane, et la cloche de la cnapelle tintait pour 1 Angélus.
Alors le voyageur sentit battre son cœur, il lorça le pas et oientôt, devant une cliaumière cju il reconnut à peine, tant elle était propre et coquette, il aperçut une femme ciui taisait rentrer des poules dans 1 enclos.
Il se précipite vers elle ... C est sa cKère maman qui hésite h reconnaître dans le beau garçon tiui la serre sur son cœur, le pauvre petit JOSEPH qui, quelques années auparavant, quittait cette même cliaumière avec toute sa tortune nouée clans un mouclioir.
Après les premières expansions suscitées par la joie <\u revoir, JOSEPH prit avec sa mère le cliemm du modeste cimetière où son vieil ami le curé tlormait son dernier sommeil. Ils adressèrent une tervente prière à Dieu pour le remercier d avoir ainsi gardé et protégé le jeune liomme, et une larme de reconnaissance tomba des yeux de JOSEPH sur le tertre vert au souvenir de lexcellent homme qui avait été pour lui un si bon ami.
mimnHwiiiin^^iiiiiiuiiiilfli
Htaouyy^D
Vj^RouAl^p