III
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Iurieu5ement. Le filou essaya de 5c débarrasser au (.liien à coups de pied, mais PaTAUD ne le lâcliait pas. Un sergent de ville, attiré par le hruit , s approcha pour avoir 1 explication de cette scène qui ameutait les curieux, lorsque Constant arriva en courant et lit arrêter le voleur qui avait caclié 1 réticule sous sa lilouse.
L, agent de police, qui connaissait le commissionnaire de longue date, lui rendit le sac, mit les menottes au iilou et 1 emmena au poste.
-La dame tut si contente d avoir retrouvé son sac qui contenait sa Nourse qu elle en tira une pièce de cinq francs quelle donna à Constant. Ce dernier trouva qu en somme c'était PaTAUD, plutôt que lui, qui méritait cette récompense, et voulut que le cliien en eût sa part. Il alla acketcr une belle saucisse ckez le charcutier ^u coin et en donna un morceau au caniclie ; le soir, il apporta le reste à sa femme en lui racontant
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l'kistoire, et notre ami PATAUD eut les honneurs
de la journée.
^^ais le Don ckien ne
le 5 en tint pas là et devait rendre d autres services à son maître, il avait fort kien remarqué que les allaires de Constant marckaient surtout quand il laisait mauvais temps et que les rues étaient koueuses. Les ckaussures se succédaient alors avec rapidité sur la caisse du décrotteur et les gros sous pleuvaient dans la sékille. Au contraire, quand il faisait keau, les gens passaient sans s arrêter, et l'Auvergnat restait parfois des keures sans avoir
rien à laire.
Par un keau matin d'été, PATAUD était allé prendre un kain dans la Seine, au kas du pont, comme il avait coutume de le faire quand il faisait ckaud. En remontant près de son maître, il fut kousculé par une ckarrette et posa, par égarde, sa patte mouillée sur la kotte d un
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H^K'^'ARt'
^ passant. Celui-ci poussa un exclamation Je dépit en voyant sa chaussure maculée Je l)ouc par cet attoucliement intempestif. La caisse Je Constant était à Jeux pas ; il s 'approcha pour se faire Jonner ^^ un coup Je brosse et versa les cjuelcjiies sous, prix ^^ habituel Je cette opération.
g JJes horizons nouveaux s ouvrirent alors pour
^g Pataud et un plan J'une sagacité étonnante
JJ s élabora Jans son cerveau. Il reJescenJit sur la
--^ berge, barbota un instant Jans la vase et, remontant
^ sur le pont, il avisa un passant aux chaussures
^ brillantes, qui s avançait à sa rencontre. L' instant
^p J après, la grosse patte Ju cliien avait laissé une
large empreinte boueuse sur l'une Jes bottes.
L exclamation Je «sale cabot!» et un coup Je
canne, aJroitement évité, prouvèrent à PaTAUD
cjue son plan avait réussi. Tout en maugréant, le
beau Monsieur s approcha Ju commissionnaire ciui,
loyennant la taxe orJiiiairc, répara promptement
-JM. 'w.
le soi-diiant accident et rendit à la cliaussure salie 5on lustre priniitil.
-tATAUD venait de trouver sa voie. Il renouvela son manège chaque lois cju'un temps trop sec venait entraver les alla ires de son maître.
V^onstant, émerveillé de 1 intelligence dont son cluen laisait preuve, ne manqua pas de raconter la cliose à quelques-uns de s.ç:s clients kabituels. Le vieux JVlonsieur de 1 Institut voulut être témoin de cette preuve extraordinaire de sagacité et assista plusieurs lois à la répétition des exploits de PaTAUD. L^est alors qu il lit à Constant la proposition de lui acneter le cliien en lui ollrant une somme asser ronde. V^omme je vous le disais, le commissionnaire relusa de se séparer de son ami, et plusieurs années découlèrent lîendant lesquelles il s attacka toujours davantage à PATAUD.
v^onstant devenait vieux; il n avait plus 1 agilité et la soujjlesse d autrelois. Un jour, en montant
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une malle un peu lourde, il glissa dans 1 escalier et se démit la KancLe. C était pour le pauvre homme un accident terriole qui 1 empêcnerait certainement de reprendre jamais son ancien métier. Les modestes économies qu il avait péniolement amassées ne dureraient pas longtemps, et 1 avenir s ouvrait bien sombre jour le pauvre nomme. L-ouclié dans son lit, le brave (^onstant remuait de tristes pensées. ir^ATAUD, assis près de lui, ne quittait pas son maître du regard. Il n avait pas compris, le premier matin, qu on restât au logis, et allait d un air inquiet du lit à la caisse du commissionnaire, dépdsée dans un coin de la cliambre. Constant secouait tristement la tête.
K C est liiii pour longtemps, le x ont-des-Arts, mon pauvre x^ATAUD, « murmurait-il en caressant le bon cnieii qui semblait partager sa peine.
J,e lendemain, le canicne interrogea du regard son maître toujours étendu dans son lit, et, voyant
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prendre un parti. Il sortit de la chamtre et descendit .-?^^^ dans la rue. Où allait -il ainsi?
11 enfila le chemin que, depuis tant dartnées, il prenait chaque matin avec son maître et, arrivé au "ont-des-Arts, s installa à la place accoutumée.
xSien des jjiétons qui passaient le reconnurent.
«liens! voilà PATAUD, » dirent quelques-uns. 6 Où donc est son maître f a iLt ils continuaient leur chemin sans s arrêter.
V^u attendait le brave chien .' l^ersonne ne le saura sans doute jamais.
Au bout d un certain temps, le vieux ^^xonsieur, qui passait régulièrement pour aller à 1 Institut, arriva. 11 s arrêta étonné; en le voyant, l^ATAUD s était levé en remuant la queue.
fc Eli bien, PATAUD, » dit -il en s adressant au chien, « qu as-tu lait de ton maître .' *
1-ie caniche lîoussa un gémissement ijlaintil avec un regard qui semblait implorer son interlocuteur.
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-L uis, taisant quelques pas, il tourna la tête vers le vieux -M.onsieur comme pour 1 inviter à le suivre. Ce dernier hésitait, ne sackant pas encore ce que lui voulait le cliien. Mais PaTAUD semUait insister ci une taçon si pressante qu il finit par marcher derrière lui. 5e voyant compris, PaTAUD se dirigea allègrement vers le logis de Constant, se retournant, de temps en temps, pour voir s il était suivi. Arrivé devant la maison, il entra, et le concierge confirma au visiteur que c était Lien la demeure de 1 Auvergnat que le chien avait voulu lui indiquer.
V^iii tut surpris en voyant entrer dans sa arde , accompagné de PaTAUD , le vieux M-onsieur du Pont-des-Arts, qui n était autre qu'un célèbre savant '. Ce lut notre ami Constant.
JWis au courant de 1 accident survenu au commissionnaire, son fidèle client lui promit aide et
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ce. il tint parole et procura à Constant
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une bonne place de concierge chez un Je ses amis, oîi le brave homme put alors envisager 1 avenir sans inquiétude.
Xj Histoire semole finie, mais elle a un épilogue tl SI toucnant qu il est certainement la partie la plus intéreisante de 1 autlientique récit que je vous raconte.
Après avoir, pendant quelques années, rempli ses Jonctions de concierge avec conscience et exactitude, v.onstant tomba gravement malade et mourut. -T ATAUD, pendant la maladie de son maître, n avait pas quitté le pied de son lit.
J(Crrsqu on emporta le cercueil, le chien suivit avec quelques amis du détuiit le corliillard qui conduisait le brave Auvergnat à sa dernière demeure, il lut impossible de lui taire quitter le cimetière ; il se coucna sur la tombe de celui qu il avait tant aimé, retusa toute nourriture, et quelques jours plus i^ tard, on trouva le pauvre x ATAUD, mort h 1 endroit où son maître dormait le dernier sommeil.
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