ACTE I, SCENE III
D'un prince efféminé, que subjuguent les vices, Je sais mal réprimer ou flatter les caprices; Mais je chéris mon roi, j'honore ses vertus, Henri vous aime encor, ses vœux me sont connus , Oui, votre nom, le seul dont le charme le touche, Souvent avec amour est sorti de sa bouche. Qui pourrait dans son cœur balancer vos bienfaits? D'un éclat dangereux prévenez les effets, Et comptez sur Clifford.
ELÉONORE
Malheur à l'Angleterre Si vos conseils sans fruit suspendent ma colère ! Yos efforts (sur Henri je connais leur pouvoir) A ma reconnaissance imposent un devoir.
Vous avez une fille , et votre ame attendrie Partage son amour entre elle et la patrie.
CLIFFORD
L'Anglais , long-temps frappé de mon austérité , D'humeur sombre et farouche accuse ma fierté. D'un père cependant je connais la tendresse.
18 liOSEMONDE.-
Rosemonde , l'espoir de ma triste vieillesse , De mon retour bientôt remerciant le ciel Reposera son front sur mon sein paternel.
ÉliÉONORE.
Wavez-vous point revu cette fille si chère?
CLIFFORD
Non , et dans les travaux d'une pénible guerre , Sur un sol étranger, sous des climats lointains , De mon unique enfant j'ignorai les destins. Combien son doux aspect réjouira ma vue!
ÉLÉONOBJE.
Trop long-temps à ma cour liosemonde inconnue Dans un château désert, à l'ombre des forêts, Dérobe à tous les yeux ses timides attraits, Lléonore enfin près du trône l'appelle- Mes faveurs, mes bontés se répandront sur elle; Moi-même je prétends lui choisir un époux; Mes bienfaits le rendront diçne d'elle et de vous.