‹ Rosemonde, tragédie en cinq actesChapitre 21 sur 64 · ACTE II, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IL

HENRI

Que lui demandes-tu ?

Pour tous deux je l'implore.

HENRI

De ce beau jour lui-même il a béni l'aurore.

Lorsque le vent du soir sur nos tapis de fleurs D'un soleil dévorant calmera les ardeurs, Dans nos rians bosquets à tes côtés assise , Heureuse de toi seule et de ta gloire éprise , Quel bonheur de frémir au doux son de ta voix! J'entendrai le récit de tes brillans exploits, ] Je te verrai voler de conquête en conquête , Affronter les périls, défier la tempête, Imiter aux combats, venger le grand Henri... Ce nom te plaît... ta bouche à ce nom m'a souri.

HENRI

Parle-moi de toi seule , et confie à ma flamme Quels soins en mon absence ont agité ton ame.

5o ROSEMONDE.

Te souvient-il du jour où, me serrant la main,

Pour la première fois tu me parlas d'hymen?

De Clifford, disais-tu, j'ai mérité la haine;

Ton père à mon nom seul briserait notre chaîne ,

Et cependant Edgar ne vivra point sans toi.

Je t'observais; ton front me fit pâlir d'effroi.

Un souvenir cruel accablait ta pensée ;

Tu poussais des sanglots, ta main était glacée.

Detesyeuxlanguissanss'échappaientquelquespleurs,

Tu me dis : Rosemonde, il faut fuir, ou je meurs.

Tu souffrais.... de pitié je n'ai pu me défendre.

HENRI

Dès lors tu partageais un sentiment plus tendre ; Tu m'engageas ta foi.

Je ne te quittai pas.

HENRI

Mais bientôt j'entendis le signal des combats.

Page 1