‹ Rosemonde, tragédie en cinq actesChapitre 22 sur 64 · ACTE II, SCENE IL 3l · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IL 3l

La guerre a suspendu notre heureux hymënée ; Tu reviens ; à mon sort unis ta destinée. .

HENRI

Craindrais-tu?

Pour toi seul j'ai tout sacrifié.

Edgar, à ton honneur le mien s'est confié. Innocente , étrangère aux orages du monde , Que pouvait t'opposer la faible Rosemonde? Je te vis, je t'aimai, je plaignis tes tourmens: Tu me donnas ta foi, je crus à tes sermens. Je dis adieu dès lors au foyer de mon père 5 De ce père adoré je brave la colère.

Si jamais entre nous s'élevait sa fureur, Cher Edgar, comme toi je mourrais de douleur. Toi seul es ma famille et mon époux ensemble. Non , je ne te crains pas ; mais je t'aime et je tremble.

henri, avec feu.

Loin de toi ces pensers et le soupçon cruel !

Non, je n'enfantai pas un complot criminel.

Je suis cligne de toi, ton amour te l'atteste;

Le ciel en, est témoin... Périsse un nœud funeste!

Viens sur mon cœur, ce cœur ne battra que pour toi,

Malheur à qui voudrait te disputer ma foi !

Les cruels! je saurai les combattre et les vaincre;

De ma flamme du moins ils pourront te convaincre.

Je ne te verrai plus lever sur moi des yeux

Où les miens croiront lire un doute injurieux.

Que d'un bandeau sacré ta tête soit ornée !

Viens; sur ce cœur bridant apprends ta destinée.

Et que m'apprendras-tu ? Tes regards menacans , Le feu qui les anime et tes sombres accens Font frémir Rosemonde.

HENRI

Oui, j'abjure la feinte.

Pour moi plus de tourmens et pour toi plus de crainte. Tu pensais, quand ta voix répondait à mes vœux, Qu'un simple chevalier te déclarait ses feux ;

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