ACTE II , SCÈNE IV
D'un illustre avenir je me rendis garant. Vous régnez : la vertu que la gloire couronne D'un feu plus pur encor doit briller sur le trône. Sur votre ame gardez un souverain pouvoir. Vous régnez : vos sermens vous en font un devoir.
HEIN RI
C'en est fait; oui, qu'eux seuls règlent ma destinée! J'ai juré d'accomplir ce nouvel hy menée.
CLIFFORD
Vous n'avez point juré d'allumer un flambeau Qui peut de votre empire éclairer le tombeau.
HENRI
Je saurai le défendre et lui donner ma vie ; Mais lorsqu'un faible coeur à mon cœur se confie , Outrager l'innocence , abuser de sa foi , La perdre, la trahir, est indigne de moi.
CLIFFORD
Henri, de vos erreurs le peuple est-il complice? Est-ce à lui d'en répondre? Ecoutez la justice.
HENRI
Le devoir a parlé, j'écouterai ses lois.
CLIFFORD
Le bonheur des sujets est le devoir des rois.
HENRI
Je t'ai dit que j'aimais, cruel! Enfin, ta rage
De mes sens révoltés fait éclater l'orage.
Un peuple entier s'élève entre la reine et moi;
IX une aveugle indulgence il accuse son roi.
Elèonore^ appui cVune coupable ligue ,
S'arme contre mes lois et règne par V intrigue.
A la terreur veux-tu que Henri sans pitié
Immole son amante , immole l'amitié !
Oui l'amitié, cruel! et la reconnaissance.
De l'objet de mes feux connais-tu la naissance?
Son père est un héros blanchi dans les combats.
Je règne sur un trône affermi par son bras.
Ce héros, il m'aimait! il me chérit encore,
Et je lui ravirais la fille qu'il adore!
Jamais. L'heureux hymen que formera ton roi ,