ACTE 111 , SCÈNE
De faiblesse et d'erreur sera-t-elle accusée ?
HENRI
Ce Dieu marque ta place au trône où je t'attends. Suis-moi , je te V ordonne.
CLIFFORD
Et je te le défends.
Ainsi je m'appuyais sur un espoir frivole , Quand pour votre avenir j' engageais ma parole ; Quand ma voix , ranimant vos peuples abattus , A la patrie en deuil prédisait vos vertus. D'un ?*ègne glorieux c'est moi qui l'ai flattée; C'est moi qui sus fléchir une reine irritée. A la reine y à l'État , je répondais de vous, Et ma fille,.. Ah! plutôt que de vous voir époux , Puissé-je sur son front briser le diadème , La pleurer dans la tombe et Vy plonger moi-même ! Mais non... elle sait tout, vous lui faites horreur.
HENRI
Rosemonde y qui? toi , partager sa fureur ! Oublier nos sermens! non , jamais!
Et le puis-je ?
Mon père , mon devoir ', le Ciel en vain V exige. C'est ma crédulité ', c'est V espoir enchanteur De ne devoir qu'à vous et la vie et l'honneur, Qui m'ont ouvert l'abîme ou je suis descendue. Malheureuse! c'est moi qu'une erreur a perdue! Ah! je ne pensais pas que vous dussiez un jour, Pour répondre à mes vœux, pour payer tant d'amour, Ne m'offrir près de vous qu'une place usurpée. (Elle se lève et joint son pèreï) Je vous ai cru sincère, et vous m'avez trompée!
HENRI
Non, épargne à ton roi ce reproche offensant. Qu'importe à notre hymen un obstacle impuissant? Ya joindre Eléonore et défends sa couronne ; Cours trahir mes projets; va, dis-lui que le trône Où près d'elle Henri gémissait enchaîné , A sa rivale heureuse est par lui destiné.
CLIFFORD
Non, je lui cacherai le sort qui la menace;