ACTE 111, SCÈNE
Le sang de Rosemonde expierait ton audace. {A sa fille.)
De tes yeux abusés arrache le bandeau.
Réponds : de ton pays seras-tu le fléau? Et veux-tu contre toi, pour voiler ton injure, D'un peuple divisé soulever le murmure?
Tu balances... Eh bien! comble ton déshonneur ; Règne donc 5 par un crime efface ton erreur. t Loin du trône bientôt maudite et rejetëe , Sur ses degrés sanglans tombe précipitée ! Henri contre le Ciel ne te défendra pas ; Tu chercheras en vain ton refuge en mes bras. Mes larmes, mon courroux, mon fatal anathême Te suivront jusqu'aux pieds de ton juge suprême. Là ton arrêt t'attend , là pèseront sur toi Mes maux, le sang d'un peuple et le crime d'un roi.
HENRI
Yieillard, je te pardonne et respecte ton âge; Mais je puis l'oublier et punir qui m'outrage. Réprime les transports d'un aveugle courroux,
Et reconnais en moi ton prince et son époux.
rosemoisde vivement.
Il m'aime , il m'offre encor sa gloire en sacrifice ; 11 ne trouvera point une indigne complice. Fuyons, fuyons, mon père !
clifford avec transport.
Oui, sois encor mon sang.
Que la vertu t'élève au-dessus d'un vain rang! Digne du noble effort qu'Albion te demande , Résigne-toi, fléchis, quand le devoir commande/ Triomphe de Henri ; par un coupable hymen, Du trône qu'il ébranle il t'ouvre le chemin. Que ma voix y que ton coeur, que ton Dieu te préserve De V honneur usurpé que sa main te réserve! De ta reine outragée entends les justes cris; D'un effort vertueux ton pardon est le prix.
HENRI
Demeure, et toi, Clifford, où t'emporte un faux, zèle ? Du peuple contre moi tu soutiens la querelle. Par la reine et par lui mon trône est menacé.