‹ Rosemonde, tragédie en cinq actesChapitre 51 sur 64 · ACTE IV, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE V

ELÉON ORE.

Elle vit.

HENRI

Puisje croire?

Si ce bras eût frappé, je m'en serais fait gloire. Henri , songez au temps où , reine des Français Et témoin indulgent de vos premiers succès , Lafière Élëonore apprit à vous connaître. Songez à ma tendresse , aux lieux qui Vont vu naître. Quand de Planta genêt j ^ encourageai les feux , 11 doutait d'un bonheur promis par mes aveux. Je bannis vos soupçons , je descendis du trône , Sans murmure mon front résigna la couronne. Mon rang devint le vôtre , et mon hymen soudain En royal avenir changea votre destin.

HENRI

Reine . de vos bontés je chéris la mémoire ; Mais ne puis avouer et souffrirais de croire Qu'un duc de Normandie , un prince , un chevalier «

A la cour de Louis après lui le premier,

Fût aux plus grands honneurs peu digne de prétendre;

Que mon hymen enfin si bas vous fit descendre.

Madame , pour dieux Henri compte des rois ,

Et sur le trône anglais je fis valoir mes droits

Avant que de songer à joindre ma puissance

A celle que m'offrait votre illustre alliance.

ÉLEONORE.

Henri , n'attendiez-vous que l'appui des grandeurs

Pour laisser éclater d'infidèles ardeurs.

Je pourrais à l'affront égaler ma vengeance,

Occuper Rome enfin du bruit de mon offense.

Un peuple belliqueux est soumis à ma loi;

Si vous régnez ici, l'Aquitaine est à moi.

Réclamant de Henri mon antique héritage,

Je puis de vos états ordonner le partage,

Et, punissant d'un mot vos transports insensés,

Vous demander raison des pleurs que j'ai versés.

HENRI

Vous n'exigerez point qu'une coupable feinte

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