ACTE I , SCENE I
Votre époux sur l'Irlande appesantit ce bras Qui, partout redouté, fameux par cent combats , Peut-être de son cœur rachète la faiblesse. Seule alors , son amante , en proie à la tristesse , Ignorant son malheur, semblait le pressentir, Et combattait en vain son touchant repentir. Hier je l'observais dans un asile sombre ; Un saule me cachait et lui prétait son ombre. « Mon père ! )) disait-elle ; et, tombant à genoux : ce II l'a juré, pardonne, il sera mon époux. » Des larmes cependant inondaient son visage. Un vent léger alors fit frémir le feuillage , Ou bien en gémissant j'excitai sa frayeur. Elle me laissa seul rêvant à sa douleur. Si votre ame royale , ouverte à la clémence , D'une faible captive embrassait la défense?...
ÉLÉOKORE.
Eh bien! si par ses pleurs je me laissais fléchir, Si d'un lien honteux je daignais l'affranchir,
Si j'épargnais ses jours, me seriez-vous fidèle? Jurez-vous d'obéir?
ARTHUR
Doutez-vous de mon zèle?
Puissé-je offrir mon sang pour combler vos souhaits, Protéger le malheur et payer vos bienfaits!
Dans le séjour où seul vous pouvez m'introduire , Auprès d'elle ce soir il faudra me conduire. A d'indignes excès je saurai mettre un frein , Et je veux méditer cet important dessein.
Arthur. 77 fait quelques pas pour s'éloigner et
s'arrête.
De l'illustre Clifford, après six ans d'absence, L'aurore a dans ces murs éclairé la présence. Chargé d'ans et d'honneurs, blessé sous les drapeaux, Clilïbrd dans ses foyers vient chercher le repos. Il espère aujourd'hui rendre hommage à son maître, Et de?ant vous, madame, il demande à paraître.