ACTE I , SCENE I
EEÉONORE.
Le traître !
ARTHUR
S'il cessait de lui parler d'hymen , Son amante, invoquant la justice royale, Demanderait vengeance aux pieds de sa rivale.
ELÉONORE
Qu'elle connaisse enfin ma haine et mon mépris ; Qu'elle fuie un ingrat, ses jours sont à ce prix. Complice de l'erreur qui devait la séduire , Pourquoi plaindre ses maux et ne pas l'en instruire?
Oh! ne m'accusez pas; long-temps Henri discret
A ma fidélité refusa son secret;
Et lorsqu'à mes regards s'offrit l'infortunée ,
Aux larmes , aux remords elle était condamnée.
De son triste destin je n'appris rien de plus;
Sa naissance et son nom me sont même inconnus.
ÉLÉONORE
Et tout cède sans doute à la beauté funeste
io ROSEMOISDE.
Qu'imprima sur son front la colère céleste?
ARTHUR-
Hélas! le sort cruel, en formant ses attraits, Par eux a préparé sa perte et ses regrets. Moi-même enfin, madame, admis dans la retraite Où Henri cache encor sa timide conquête, J'errai dans ces beaux lieux ; mais ce riant séjour, Ces bosquets séduisans consacrés à l'amour, Frappaient d'un vain éclat ma vue inattentive. Je ne m'intéressai qu'à la beauté captive; i t . lorsqu'avec ivresse , à l'aspect de son roi , Sa candeur ingénue, étrangère à l'effroi, Bénit le joug trompeur qui la tient asservie, La pitié parle seule à mon ame attendrie. Loin de Henri pourtant d'importuns souvenirs 5 iw nt à son amante arrachent des soupirs.
Ï.Ll'iONORE.
Et quels sombres pensers assiègent sa mémoii \
ARTlll IL
Dans son oisif repos réveille par La gloire,