LES LOMBARDS
DIDIER
Je l’attends.
CLÉPHON.
Ce serait une faute
Que de verser le sang du comte, il est ton hôte ;
Au festin près de toi nous l’avons vu s’asseoir,
Et plus do dignité convient à ton pouvoir.
Que dans ce sentiment ta colère s’apaise.
ALBOIN
Assez ; qu’on m’obéisse, et que Didier se taise.
A réchanson.
Présente cette coupe à Rosemonde ; allons.
Et qu’elle se résigne à ce que nous voulons.
L'échanson préaente à Rosemondo la coupe d'Alboin ; oiU la Toli et elle recule avec un mouvemoni d*horreur*
Mon père! voilà donc après toute une vie D’épreuves, de revers et d’efforts de génie.
UOSEMONDE.
Après tant de travaux et de gloire, à mon roi !...
Voilà donc ce qui reste à ta fille de toi !
.Ah ! la veille du jour où de ton char de guerre Tombé sanglant, tu fus traîné mort sur la terre.
Mes lèvres te baisaient, ô vénérable front !
Front couronné qu’on livre à ce dernier affront!
Et c’est là, siège ardent de force et de puissance.
Là môme où des projets si grands prirent -naissance,
O mon père ! c’est là, dans ce foyer divin Où ton âme vivait, qu’ils ont verse le vin...
Et je profanerais, moi, par un sacrilège,
Tes restes vénérés quand rien ne les protège!...
Ah ! je voudrais pouvoir verser là tous mes pleurs.
Et mon âme et mon sang fidèle à tes malheurs.
Elle s'éranouit et tombe dans les bras d’Egilde ci des jeunes Ûlles* ALBOIN.
La voilà maintenant qui pleure et qui se pâme ;
Mon pouvoir no va pas jusqu’au fond de son âme. Pleurante à mes côtés, je ne veux plus la voir.
Venez ; allons sans elle aux tables nous asseoir.
D’un regard ennemi cette femme m’observe ,
Et de nos entretiens elle éteindrait la verve.
Versez les meilleurs vins aux convives du roi :
Vous, braves compagnons, à table,- suivez-moi.
Alboin et les convlTes reTlonncnt dans la saHo du festin.