SCENE V
De porter fièrement leur dernière disgriU’e.
Soit vaincu, soit vainqueur, chacun d’eux sans effort Combat, sourit et meurt dédaigneux de la mort.
La honte d’étre esclave est tout ce qu’il redoute.
Et son cœur perd la vio et le sang goutte à goutte, Aussi ferme qu’un roc dont la source tarit ;
Dans un dernier revers quand ton peuple périt ,
Tu ne peux pas vouloir échapper par la honte A nos malheurs, à ceux de ton père, j’y compte ; Nous no te verrons pas épouse esclave ici...
Prends, Rosemonde, prends. '
ROSF.MONDE.
Oh! du poison, merci.
£1]6 prend nvement le poison et le donne à KgildOt
Garde bien ce trésor : notre ennemi m’observe;
Ils ont pris le poison que j’avais en réserve,
Tu le sais bien; mais toi que l’on surveille moins. Tu les tromperas mieux en me donnant tes soins.
ÉGILDE.
Comptez sur moi.
A part pendant que Rosemonde sVloigno.
Je veux égaler son courage ;
C’est peu de la servir, j’oserai davantage.
A nous deux le poison, et j’aurai ce bonheur,
Après tous nos revers de mourir dans l’honneur.
ROSEMONDE prend à part Uirmèsi.
Sur le bord des fossés vers la porte qui s’ouvre, • Du côté des remparts de Raveiine on découvre Sur la terre gisant un corps, celui du roi.
Do mon père... Voici ce que j’attends de toi :
Par les malheurs communs, par ta main que je serre,
A ce roi qui l’aimait accorde un peu de terre;
Il faut pendant la nuit affranchir des Lombards Et sa grande ombre errante et ses restes épars.
La terre défendra ses os de leurs outrages,
Tandis que son esprit monte vers les orages,
Et son cher souvenir restera dans nos cœurs, Toujours inaccessible aux haines des vainqueurs. Ce devoir accompli, pars seul , cache la vie Dans nos vieilles forêts de la Scandinavie.
Et va choisir ton duc parmi ceux qui, du moins.
De nos derniers revers ne furent pas témoins
IIIRMÈS.
Mais toi, ma 6lle, toi, faut-il que je te laisse Au pouvoir d’un vainqueur sans pitié ? Ta faiblesse Aux maux que nous souffrons sait déjà compatir. Te résignerais-tu?,..