‹ Rosemonde tragedie en un acte, en versChapitre 13 sur 27 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Devant (jui nos soldats les plus braves ont lui.

Et qu’on admire autant qu’Alboin même?...

ÉGILDE.

C’est lui.

BOSEMONDE.

Ici, contre le roi, je l’ai vu me défendre,

Lui seul. Qui me dira le parti qu’il faut prendre?

ÉGILDE.

Le fer et le poison sauvent do tout danger.

BOSEMONDE.

Tu ne veux que mourir, moi je veux me venger.

ÉGILDE.

Hàtez-vous : ce Didier qui vous a défendue Se plaint amèrement de vous avoir perdue.

BOSEMONDE.

Lui?

égildï;.

Sur votre personne il pense avoir des droits,

Il est jaloux d’Alboin, il vous aime.

BOSEMONDE.

Tu crois .^...

ÉGILDE.

Ne vous souvient-il pas, lorsqu’il vint sous nos tentes, Par combien de regards, d’actions éclatantes.

Aux chasses comme aux jeux il sut vous faire voir Son désir de vous plaire et de vous émouvoir?

Vous vous en souvenez...

BOSEMONDE.

Égilde, mon vieux père, Votre roi, n’est qu’un tronc étendu sur la terre ;

io

Scs restes dans la nuit abandonnés aux chiens,

Sont profanés, voilà de quoi je me souviens.

A part» apr^s s'tHro ôloigoée d'Kgllâc*

Une grâce dernière, é dieux ! l’intelligence

Des moyens les plus sûrs d’accomplir ma vengeance.

Il !»o fait un grand bruit dans la salle du festin ; les tentures du fond sont agitées, ot l'on entend les cris des Lombards. Ëgildo fuit y en croyant que les Tainquours rcTienncnt. Elle prend le poison.

ÉGILDE.

Us viennent; les voilà...

BOSEMONDE.

Malheur! fatalité!...

Rien ne pourra du moins abaisser ma fierté.

A Éigilde. ,

Le poison.

ÉGILUE.

J’ai gardé votre part.

Et le reste?...

■ ' ÉGILDE.

Là ; Didier peut venir, je suis libre.

J’atteste

L’âme de mes aïeux, Égilde , à la hauteur De ce fier mouvement j’élèverai mon cœur.

A part.

Ils ne viennent donc pas ; puisque ma mort est sûre.

Les périls que je cours et les maux que j’endure.

Rien ne doit m’arrêter. Si j’osais cette nuit...

Tout me sert au milieu du désordre et du*bruit...

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