SCÈNE XI
ROSEMONDE, puis DIDIER.
ROSEMOIVDE.
Va misérable, va, ton destin s’accomplit.
Rosemonde n’a pas approché de ton lit ;
Elle a pu rester libre et pure en ta puissance ;
Va, ta fortune fuit et mon vengeur s’avance.
DIDIER
Égilde, pourquoi fuir? Je no serai pour toi Qu’un ami dévoué, je t’en donne ma foi.
Ton maître a désiré te confier sa peine;
Viens, Égilde; je veux te parler de la reine.
Pour elle contre Alboin mon coeur s’est révolté;
Son malheur m’intéresse et j’aime sa fierté.
Égilde, à mon amour crois-tu qu’olle réponde?
Parle...
Au moment où DHier ^ tcis Husemomlo qui t>’cst retirée ▼ers le fond » clio so tourne bruftquonieitt rer» luj.
nOSEMONDE.
Je no suis pa.s Égildo.
DiniER.
Rosdmonde!...
n OSEMONDE.
Je suis reine, je suis la fille du vieux roi Dont on a mutilé le corps : regarde-moi.
DIDIER
Moi-mème ; as-tu peine à le croire?
N’as-tu pas vu 1a coupe où ce roi vient de boire? C’est comme s’il avait bu lo sang et les pleurs De mon père : malheur à de pareils vainqueurs !... Oui, je suis Rosemonde, et loin d’être réduite A sauver mon honneur outragé par la fuite,
Je reste; je me venge, et, pour mieux assouvir Ma haine, je me donne à qui veut me servir.
DIDIER
Quoi! tu consentirais...
ROSEMOMDE.
A tout : à reconnaître
En toi, noble Didier, mon sauveur et mon maître. Tu me vis à regret femme d’Alboin, et moi.
Je t’accepte à mon tour pour époux et pour roi.
DIDIER
Est-il vrai? c’est à moi que la reine so donne !