‹ Rosemonde tragedie en un acte, en versChapitre 21 sur 27 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

nOSEMONDE.

Oui ; mais avant, Didier, pose cctto couronne Sur ton front... Que mon père à l’instant soit vengé; Apaise par le sang son cadavre outragé ;

Frappe Alboin!

DIUIEK.

Que dis-tu?... Qui, moi, que j’accomplisse Ce crime obscur! Caché dans une ombre complice,

Moi, qui peux au grand jour paraître grand et fprt.

Que j’aille lâchement tuer ce roi qui dort!

Peux-tu le demander ici, dans sa demeure?...

fiOSEMONDE.

Je ne demande pas, Didier, je veux qu’il meure 1

DIDIER

Je ne frapperai pas cet homme.

nOSEHONDE.

Alors, c’est toi

Que je vais dénoncer aux vengeances du roi;

Oui, je vais à l’instant le retrouver, lui dire

Que tu me veux pour femme, et que, pour me séduire,

Tu viens de m’entraîner dans ta chambre : Il te hait.

Il me croira; ta perte est sûre, c’en est fait :

Choisis, il faut régner ou mourir !

DIDIER

Que dit-elle?...

IIOSEHONDE.

Que je poursuis Alboin d’une haine mortelle.

Et que j’aurai pour toi, si tu lui sers d’appui.

Autant d’aversion que j’en avais pour lui 1

DIDIER

Ne crois pas que la peur m’entraîne ou me retienne;

Mais sa main droite là vient de toacher la mienne.

Alboin se souviendra de ce traité de paix :

Je croyais voir un homme en toi; je me trompais.

Cœur faible, âme débile et toujours incertaine,

Dans l’amitié flottante ainsi que dans la haine ;

.Tu t’es vanté, dit-on, de détester ce roi Qui vous méprise tous et qui combat dans toi Le résultat... Des cris, des transports, rien en somme. Et" ta haine n’était qu’un mépris de jeune homme.

DIDIER

Je le hais de tout cœur.

Tu t’es vanté d’avoir

Un amour vrai pour moi; tu semblais t’émouvoir Pour arrêter Alboin qui me faisait outrage ;

Je n’ai vu là pas plus d’amour que de courage.

DIDIER

Vous ne le croyez pas.

N’en parlons plus.

DIDIER

Tenez ;

Dites-moi seulement que' vous vous souvenez Du jour où je vous vis dans les forêts des Gaules Ces longs cheveux tressés flottant sur vos épaules ; Votre cheval sans frein, à travers les grands bois,

Vous emportait au loin... Je vous suis , et je vois S’élancer et mugir avec des bonds superbes Un taureau qu’on chassait parmi les hautes herbes ; Vous étiez en péril... vous! L’animal percé

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