ACTE TROISIÈME
que vous insistez beaucoup, depuis quelque temps, sur ce genre de taquineries.
MADAME HÉLION
Où prenez-vous de la taquinerie? Vous vous intéressez évidemment à elle comme tous nos amis, comme M. Desclos, comme le docteur, comme Pagelet.
II É lion.
Je crois, en effet, que c'est une très brave fille.
MADAME IIÉLION-
.le ne dis pas non, remarquez. Mais j'ai comme un pressentiment que si elle n'était pas si jolie, ni ces messieurs ni vous, ne défendriez sa. vertu avec tant de chaleur.
HÉLION
Oo ne ld soupçonnerait peut-être pas.
MADAME IIEL10N
On la soupçonnerait tout autant, seulement vous prendriez cela en badinant. Les hommes trouvent tout naturel qu'une femme laide soit malheureuse... Quand elle est jolie, au contraire, ils sont indignés; ils deviennent subitement sensibles et pitoyables... Car, pour vous, messieurs, les femmes devraient être rangées dans la société, par ordre de beauté... L'éducation ni la naissance ne comptent. Voilà votre opinion intime et sincère. J'ai eu, autrefois, une domestique assez curieuse : quand on lui donnait un ordre un peu brusque, le sang lui montait au visage et elle tremblait de colère. Tout cela, parce qu'elle avait le pied petit, plus petit la plupart du temps, que ses patronnes, et celte inégalité de lurtune l'exaspérait; elle secroyail